Le désespoir n'est pas de ce monde !


Nous souffrons tous de désespoir, d'abandonnement de l'espoir. Selon le cas, nous avons certainement raison ; cependant, le plus souvent, nous devons conserver l'espoir de mieux faire.

Peut-on prier pour ressembler à Moché Rabbénou (Moïse notre Maître) ? Peut-on demander à D-ieu de nous faire atteindre le niveau du Ba'al Chem Tov ? Soyons honnêtes : cela serait une perte de temps et sans espoir. Nous ne devons pas douter de la capacité de D-ieu à nous élever à de tels niveaux ; plutôt, nous devons réaliser que notre véritable désir de ressembler à ces géants n'est pas suffisamment ancré en nous pour pouvoir passer du potentiel au concret.

Prenons un exemple : nous demandons à D-ieu de nous aider à manger en sainteté. Cela signifie que nous mangeons réellement pour entretenir notre corps et que nous n'établissons aucun lien entre la nourriture et le plaisir. Sans doute, pouvons-espérer maintenir ce niveau quelques heures, quelques jours tout au plus. Cependant, lorsque notre femme nous offre une tarte aux pommes sortie directement du four... nous oublions notre précédente résolution et avalons rapidement une portion ; lorsque notre femme nous propose une seconde portion...

Ne pas désespérer de ne pas pouvoir nous détacher entièrement des plaisirs de la nourriture nous expose à des revers fréquents et à la déception qui accompagne ce type de situations. Ne pas manger comme le Ba'al Chem Tov n'est pas une chute ; ce mot doit être réservé, que D-ieu nous préserve, aux transgressions, bibliques ou rabbiniques. Manger comme nous le faisons correspond au niveau qui est le nôtre, ni plus ni moins.

On aurait tort de penser qu'abandonner l'idée d'être au sommet nous laisse avec l'alternative de nous comporter comme nous le voudrions. Le Maître du monde connaît chacune de Ses créatures et Il sait ce dont elles sont capables. Si on ne peut reprocher à Reuven de ne pas ressembler à Moché Rabbénou, on lui reprochera de ne pas avoir atteint le niveau qu'il pouvait atteindre. Ainsi, tous nos efforts doivent être concentrés sur ce qu'il nous est possible de faire, d'atteindre, même et surtout si cela semble difficile. La récompense est liée aux efforts que nous mettons à servir D-ieu.

Tout ce qui nous semble appartenir au domaine du possible doit être notre objectif. C'est en cela que le désespoir n'existe pas. Rabbi Na'hman de Breslev l'a dit maintes fois : “Le désespoir n'est pas de ce monde !” Nous ne devons jamais perdre espoir d'atteindre ce qui est au-dessus de nous, légèrement au-dessus de nous. Nous devons monter les échelons en les prenant un par un. Avec le temps, ce qui était extrêmement éloigné se rapproche et devient possible à atteindre. Cela s'appelle la progression dans le Service divin. Monter, encore d'un échelon, encore un...

Peu importe si nous n'atteindrons jamais le sommet de l'échelle. D-ieu nous a mis au monde pour que nous progressions et l'idée d'un niveau à atteindre déterminé à l'avance est étrangère à ce qu'Il attend de nous.

Notre devoir est de conserver toujours l'espoir de progresser et de ne jamais désespérer d'améliorer les différents aspects de notre service. “Le désespoir n'est pas de ce monde !”