La fleur au fusil



Il est écrit dans le Liqouté Moharan I 14:2 : “La gloire de D-ieu est révélée lorsque les personnes qui se situent à l'extérieur de la Sainteté s'en rapproche. Ceci s'applique d'une façon identique aux convertis et aux personnes qui se sont repenties. De fait, ces personnes se situaient également à l'extérieur. Lorsqu'elles se rapprochent et se retrouvent à l'intérieur de la Sainteté, ceci est la Gloire de D-ieu.”

Rabbi Na'hman nous apprend ainsi l'importance de penser à l'Autre dans notre Service divin. Certes, il ne faut ménager aucun effort pour nous rapprocher nous-mêmes de D-ieu ; de fait, cela soit représenter notre priorité. En la matière, nous avons l'obligation de vérifier les fondations du bâtiment avant de vouloir construire un étage supplémentaire.

Cependant, si notre propre rapprochement est notre unique objectif, nous ne révèlerons qu'une fraction de la Gloire du Maître du monde. Celle-ci sera révélée d'une façon beaucoup plus grande si nous entraînons avec nous d'autres personnes.

Une question se pose immédiatement : Qui devons-nous entraîner avec nous et de quelle façon pouvons-nous les entraîner ? Afin de répondre à cette question, il nous faut connaître deux règles importantes dans le Service divin.

La première : nous ne pouvons et devons forcer personne à se rapprocher de D-ieu. Ainsi, ce sont uniquement les personnes qui ont tendance à nous prêter une oreille attentive à qui nous pouvons essayer d'indiquer le chemin de la Sainteté. Idéalement, cela commence par notre conjointe, puis nos enfants. Le cas échéant, cela peut s'étendre à d'autres personnes de notre famille, de notre entourage...

La deuxième : la méthode employée pour les rapprocher de D-ieu relève de la gentille persuasion et des conseils amicaux, plutôt que du coup de bâton ou des leçons de morale. A vouloir forcer le passage, on risque de casser celui qui désire s'y engager et de commettre – que D-ieu nous préserve – des dégâts irréparables.

Ceci étant dit, il ne faut pas oublier l'oeuvre du mauvais penchant. Nous avons déjà indiqué que ses habits préférés sont ceux d'une mitswa ; en l'occurrence, en nous faisant oeuvrer pour rapprocher une âme de son Créateur, le mauvais penchant pourrait bien essayer – que D-ieu nous préserve – de nous faire chuter.

C'est pour cela que toute action de bonne volonté ne doit pas être faite d'une façon naïve : on ne part pas en guerre avec la fleur au fusil. La guerre dont il est question est celle que nous devons mener contre le mauvais penchant pour rapprocher une âme égarée. Croire que celui-ci nous laissera la tâche facile serait se tromper grandement.

Les paramètres suivants doivent être établis avant de “partir en guerre et à la pêche” : dois-je aller dans un endroit où je risque de voir ou d'entendre ce qui est interdit de voir ou d'entendre ? Les personnes que je m'apprête à rencontrer cherchent-elles la vérité ? Si elles cherchent plutôt à se convaincre dans leurs erreurs, je perds mon temps et je leur fais perdre le leur.

On ferait bien de demander conseil à une autorité compétente, chaque cas étant différent des autres. Lorsque la décision aura été prise d'aller sur le front, nous devons impérativement demander l'aide du Ciel pour ne pas chuter, ne pas commettre d'erreurs. A cette fin, une séance de prière personnelle avec D-ieu est le meilleur conseil.

Puisse D-ieu nous faire rapprocher une multitude d'âmes, sans nous faire tomber dans les pièges du Satan. Amen.