L'épanchement de l'âme (16)

(Prière au Mur des lamentations)

Il a déjà été expliqué dans les Si’hoth Haran 75 (“La sagesse de Rabbi Na'hman” en français) qu’en vérité, la plupart du temps, il est impossible de prier toute la prière en se concentrant d’une façon convenable ; plutôt, cela est possible seulement pendant une petite partie de la prière. De fait, chaque personne prie comme il faut la section de la prière qui lui correspond ; la raison en est que (Tiqouné Zohar 18, daf 32) : “Certains sont les maîtres des mains, tandis que d’autres sont les maîtres des pieds.” (i.e. à chaque personne correspond à une partie spécifique de la prière).

Ainsi, chaque personne est stimulée et mérite de prier avec concentration la partie de la prière qui lui correspond. Par conséquent, une personne ne doit pas se décourager si elle mérite de prier d’une façon convenable qu’une fraction de la prière. Il peut arriver que soudainement, une personne cesse de prier comme il convient et qu’elle soit absolument incapable de poursuivre la prière comme elle devrait. Le plus souvent, cela signifie que c'est ainsi que les choses devaient arriver, comme nous l'avons mentionné précédemment.

Dans ce cas, la personne doit essayer de prier le reste de la prière dans la plus grande simplicité. Grâce à cela, cette personne méritera, avec la compassion de D-ieu, de pouvoir se reprendre et retrouver son enthousiasme précédent. De la sorte, elle pourra recommencer à prier une nouvelle fois avec une vivacité retrouvée.

À l'occasion, une personne peut ne pas mériter, pendant toute la prière, d'éprouver une excitation spécifique. Que peut-elle faire ? Si elle en est capable, elle peut réciter un chapitre des Psaumes, une supplication ou une requête en s'appliquant dans sa concentration.

Chaque personne est consciente de sa propre nature ; cela lui permet de réaliser qu'elle se trouve extrêmement loin de la prière, qui est un concept extrêmement élevé. De fait, qui peut mériter d'atteindre ce service dont la nature est beaucoup plus élevée que l'étude de la Tora ?

Par conséquent, chaque personne doit faire ce qu'elle peut. Si elle ne peut pas prier en se concentrant d'une façon convenable, elle doit commencer à prononcer les mots de la prière avec une simplicité totale et faire attention à ce qu'elle prononce. Le plus souvent, cela lui permettra d'atteindre une stimulation adéquate.

Dans le Liqouté Moharan I 99, le Rabbi a également écrit que nous devons nous renforcer dans la prière, même dans les cas où nous ne méritons pas de prier avec attachement et lorsque notre prière ne sort pas facilement de notre bouche, que D-ieu nous préserve. Malgré tout, nous devons nous renforcer et prier en rassemblant toute notre énergie et en nous concentrant du mieux que nous pouvons. La raison en est que lorsque nous méritons de prier avec attachement et que notre prière sort facilement de notre bouche, toutes les prières que nous avons prononcées précédemment sont alors élevées avec la prière que nous prononçons correctement.

Ceci correspond aux mots prononcés par Moché Rabbénou (Deutéronome 3:23) : “J'implorai l'Éternel à cet instant, en disant...” “J'implorai l'Éternel” sans cesse ; c'est à dire : dans les moments avec attachement et dans les moments sans attachement. “À cet instant, en disant...” ; c'est à dire : lorsque je méritais de prier avec attachement et que les paroles que je prononçais jaillissaient de ma bouche – c'est à dire que ma prière était récitée avec facilité – alors, toutes les prières que j'avais dites jusqu'alors avec difficulté, s'élevaient avec celle-ci.

Liqouté Moharan II, 111