L'épanchement de l'âme (15)

(Emilio Morenatti)

Rabbi Na’hman avait l’habitude d’encourager les personnes qui venaient le voir afin de se plaindre. Ces personnes lui disaient qu’elles étaient extrêmement loin de la prière et qui leur était très difficile de prier. Le Rabbi les encourageait et les réconfortait de toutes les façons qu’il pouvait ; il leur disait qu’elles ne devaient pas se sentir découragées pour cela.

Le Rabbi disait : “Trouvez du réconfort dans le fait que vous n’êtes pas dans la situation d’une personne qui été obligé de se convertir ; que son mérite est grand de pouvoir simplement prononcer tous les mots, jusqu’à “Baroukh che-amar” ! À plus forte raison vous-mêmes, vous devez vous réconforter et être joyeux dans le fait que vous méritez de réciter la totalité de la prière !

Un certain jour, j’ai entendu le Rabbi parler avec un homme simple à propos de la prière. Cet homme lui disait qu’il lui était extrêmement difficile de prier. Rabbi Na’hman donna le conseil suivant à cet homme : de penser qu’il avait besoin de prier [avec concentration] seulement jusqu’à “Baroukh che-amar.” Peut-être que sous sa forme actuelle, il avait besoin de rectifier uniquement cette partie de la prière et que dans sa première réincarnation il avait déjà prié avec concentration les autres sections de la prière. Conséquemment, dans sa nouvelle réincarnation, il devait prier en se concentrant et en mettant toute son énergie sur cette partie restreinte de la prière, jusqu’à “Baroukh che-amar.”

Par la suite, lorsque cette personne atteint “Baroukh che-amar”, elle doit penser que sans doute, elle doit rectifier une différente partie de la prière ; par exemple : de “Baroukh che-amar” à “Vayévarekh David” et qu’elle doit prier cette section avec une grande concentration...

Ceci est la règle générale : nous ne devons pas être perturbés au début de la prière par le fait que celle-ci nous semble difficile et laborieuse. Plutôt, nous devons nous efforcer chaque fois de la prononcer avec le peu de concentration que nous pouvons. Et même s’il nous semble que nous pourrons prier que peu de temps en nous concentrant, par la suite il est toujours possible de poursuivre un peu plus loin, encore un peu plus loin...

Liqouté Moharan II, 111