L'épanchement de l'âme (13)

(Tchern)

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À l'heure où nous prions, il n'est pas bon d'entendre une tierce personne. En fait, il n'est pas bon d'entendre – ou même de savoir – qu'une autre personne est également entrain de prier près de nous. La raison en est que chaque personne – lorsqu'elle prie – doit imaginer qu'elle se retrouve seule avec D-ieu. Dans le Liqouté Moharan I:55-6, Rabbi Na'hman a expliqué cela plus en détail. Selon le Rabbi, lorsqu'une personne prie, elle doit s'annuler jusqu'au point où elle n'est plus consciente de rien – même d'elle-même – à l'exception de D-ieu.

Liqouté Moharan II, 103

Le Rabbi aimait particulièrement le service simple des gens ordinaires, des personnes kachères. Il aimait particulièrement lorsqu'une personne pouvait prononcer les nombreuses supplications et requêtes qu'on trouve dans les grands livres de prières et qui sont récitées par les personnes simples et kachères. Le Rabbi nous a rappelé à plusieurs reprises l'importance de chanter les chansons à la table de Chabath. Il était très irrité et même en colère contre ceux qui se considéraient comme trop sages pour chanter les chansons spécifiques pendant Chabath, ainsi qu'à la fin de Chabath.

L'attitude du Rabbi était la même en ce qui concerne les autres aspects simples du Service divin. De fait, l'essence du judaïsme est la simplicité et l'innocence absolue, sans aucune sophistication. Ceci, le Rabbi nous l'a expliqué à maintes reprises. Le Rabbi lui-même – avant qu'il ne contracte la grave maladie qui lui prendrait la vie – avait l'habitude de chanter à tous les Chabath, ainsi qu'à la fin du Chabath.

Liqouté Moharan II, 104

Il arriva qu'une personne demande au Rabbi ce qu'elle devait fait pour se rapprocher de D-ieu. Le Rabbi lui répondit qu'elle devait apprendre certains sujets spécifiques. Cette personne indiqua au Rabbi qu'elle était incapable d'apprendre. Le Rabbi lui répondit : “Grâce à la prière, il est possible d'atteindre tout ce que nous désirons : l'étude de la Tora, le Service divin, la Sainteté, l'ensemble des différents aspects du Service divin et tous les autres biens qui se trouvent dans les mondes spirituels.”

[Note du copiste : il faut consulter le livre “Yéra'h Ha-Eytanim” de Rav Avraham Kokhav Lev et qui a été copié à la main par le Rav de Tchérin à propos de la leçon 9 du Liqouté Moharan I. Dans ce livre, il est écrit que l'aspect principal du Jour du jugement de Roch Hachana pour chaque personne dépend de son attitude envers la prière. De fait, grâce à la prière, il est possible d'atteindre tous les biens : la Tora, les bonnes actions, le repentir et d'être sauvé du péché. C'est pour cette raison que nos Sages ont décrété un nombre important de prières qui abordent ces différents aspects.

Ceci correspond aux paroles de nos Sages ('Erouvin 65a) : “Rabbi Elazar ben 'Azaria a dit : 'Je peux absoudre (tous les juifs) des jugements (pour leurs transgressions), depuis le jour de la destruction du Temple, jusqu'à aujourd'hui.'” Et la Guemara d'expliquer : “Les absoudre des jugements (pour leur manque de concentration) dans leurs prières.” La raison est que le jugement en ce qui concerne les prières représente le jugement et la situation complets de chaque personne. Ainsi, une personne qui a fait attention et qui a l'habitude de prier comme il convient mérite d'adoucir tous les jugements contre elle. Ceci est expliqué par les commentateurs. C'est également ce que nous a expliqué Rabbi Na'hman à propos du cas d'une jeune fille fiancée et qui a une relation avec un autre homme (Deutéronome 22 : 23-27). Si elle est passible de la peine de mort, c'est qu'elle n'a pas utilisé sa voix pour crier.]

Un jour, le Rabbi nous dit : “Si une personne décédée pouvait revenir dans ce monde en priant, il est certain qu'elle prierait extrêmement bien, de toute sa force.”

Liqouté Moharan II, 111