Entre réussite et désir


Sommes-nous dans l'obligation de réussir ? Devons-nous être un(e) bon conjoint(e), un bon père ou une bonne mère ? Devons-nous atteindre les objectifs que nous a fixés notre patron ? Devons-nous être aimés par notre banquier ? Etc.

La question n'est pas futile : la France détient le record mondial de la consommation de tranquillisants ! Rien de tel qu'une petite pilule pour nous faire oublier le stress de la vie quotidienne. Pour autant, en créant un autre problème plutôt que de vouloir soigner le premier, nous n'avançons guère vers la vie saine que nous devrions mener.

La culture du succès n'est pas nouvelle. Dans notre relation avec D-ieu également être le “premier”, le plus “inspiré”, le plus “érudit”... sont des attributs fortement recherchés. Lorsqu'une jeune fille désire se marier, ses parents lui conseillent souvent tel ou tel garçon car il est “le top” de son école, le “plus avancé” de sa classe, le “plus prometteur”...

D-ieu désire-t-Il que nous réussissions ?

Non, non et non ! Entendons-nous : celui ou celle qui possède le potentiel pour comprendre, progresser... doit s'en servir du mieux qu'il ou qu'elle peut. Après tout, c'est le Créateur du monde qui décide du potentiel de chacun d'entre nous. Notre devoir consiste à l'utiliser de notre mieux.

Cela semble compréhensible, mais force est de reconnaître que nous l'oublions régulièrement dans notre vie quotidienne.

Ainsi, celui qui arrive régulièrement en retard le matin à la synagogue pour y prier ne doit pas s'inquiéter. S'il a fait le maximum pour arriver à l'heure, il a rempli sa tâche. Faire le maximum veut dire se coucher la veille, à une heure où nous pouvons raisonnablement penser nous réveiller à l'heure le lendemain matin. Cela veut dire également régler le réveil pour qu'il nous réveille à l'heure... même si nous sommes fatigués. Si ces conditions sont remplies, et certainement d'autres selon chaque cas particulier, nous devons avoir la conscience tranquille : D-ieu est satisfait de notre comportement.

En aucun cas nous devons penser la réussite en termes de production. Plutôt, la réussite signifie vouloir faire, désirer y arriver. Les circonstances étant ce qu'elles sont, il se pourra que nous échouions. Peu importe. Nous devons garder le moral, affiché un sourire et avoir le cœur léger. Aussi longtemps que nous désirons D-ieu, nous sommes sur la bonne voie.

Pour l'étude de la Tora, cela signifie que nous devons passer du temps, le plus possible, à étudier. Nous disons tous les matins dans la prière que l'étude de la Tora équivaut à toutes les autres mistwoth réunies. Nous ne disons pas que “savoir” la Tora est important ; seulement l'étudier est notre devoir. En fonction de notre potentiel, nous retiendrons ce que nous pourrons retenir : certains beaucoup, d'autres peu.

Nous devons nous détacher de la culture de la réussite pour adhérer à celle du désir : le désir de se rapprocher du Maître du monde ; le désir de vouloir être une meilleure personne ; le désir de vouloir aimer : nous-mêmes, notre conjoint, nos enfants...

Si nous désirons D-ieu, nous faisons exactement ce qu'Il attend de nous ! Quel plaisir et réconfort de la savoir.