Une vision claire



Posséder une vision claire signifie pouvoir affirmer – au-delà de tout doute – la nature exacte de ce que nous voyons. Qu'il s'agisse de quelque chose de concret (une personne, un objet, un paysage...) ou d'abstrait (comprendre un concept, sentir l'émotion d'une tierce personne, avoir l'intuition que...), la personne qui est capable de définir avec l'exactitude parfaite cette chose, possède une vision claire.

Pouvoir différencier entre le bien et le mal dépend de notre capacité à posséder une vision claire. Chacun voyant midi à sa porte, les chances existent qu'il soit impossible de trouver deux personnes qui possèdent la même définition du bien et du mal sur les différents aspects qui font notre vie. En d'autres termes, en l'absence de différence, les désaccords s'annulent. Autant dire que cela nous permet de constater le peu d'harmonie qui existe entre les hommes – et les femmes – à propos de la définition du bien et du mal.

Si aucune personne au monde n'est suffisamment prétentieuse pour déclarer qu'elle – et elle seule – détient la définition exacte, force est de reconnaître que notre recherche de la vérité absolue devient vaine et que l'existence des conflits sans fin.

À l'opposé, si une force suprême – au-delà de l'entendement humain – peut prétendre à cette vérité parfaite, cela signifie que nous pouvons nous rapprocher de la vérité absolue et espérer mourir moins incultes que nous sommes nés. Ce chemin reste à être emprunté et la condition pour y avancer est l'humilité : celle d'admettre notre limite intellectuelle.

Si pour nous guider sur ce chemin nous rencontrons le guide parfait, celui qui – tout en étant de chair et d'os – a atteint un niveau spirituel autrement impossible à atteindre pour toute être humain, nous devons jamais nous séparer de ce guide. Plutôt, nous devons prier pour qu'il nous tende sa main et que notre volonté ne faiblisse pas, peu importe le chemin qu'il nous montrera.

Lorsque les juifs écoutaient Moché (Moïse), ceux qui avaient une foi absolue en lui suivaient ses conseils, même s'ils contredisaient la Volonté divine ! En l'occurrence, cette foi signifiait être certain qu'en fin de compte, D-ieu approuvait-approuverait la décision du Sage. En l'absence de cette foi, les pires des malheurs arrivèrent au peuple d'Israël. Ceux qui fabriquèrent le veau d'or, Qora'h et ses compères... tous commirent la même erreur : celle de penser qu'ils étaient arriver à la bonne conclusion.

Posséder la foi, c'est admettre que nous ne savons rien, ne comprenons rien. D'une part, nous devons utiliser nos fonctions intellectuelles au maximum de nos capacités dans les domaines auxquels nous avons accès. D'autre part, nous devons admettre posséder aucune compréhension à propos des domaines qui dépassent l'entendement humain. La culture occidentale veut nous faire croire qu'une telle attitude est révélatrice de l'idiotie. Quelle folie ! Quelle blague !

Maître du monde, aide-moi à m'oublier. Aide-moi à reconnaître mon incapacité à comprendre ce qui fait ma vie. Aide-moi à vivre selon Ta volonté, à suivre Ta voie. Si seulement je pouvais écouter mon âme et ignorer les diktats de mon corps. Laisser mon âme s'exprimer – ignorer mon corps – au point où l'on devrait me pincer pour que je reste en vie. Amen.