Un refus royal


Quelquefois, nous estimons être la victime d'une opposition injuste de la part d'une tierce personne. Celle-ci peut être un employé de bureau (qui nous refuse ce que nous désirons), un ami, un de nos enfants, notre conjoint...

Le plus souvent, ce sentiment d'injustice trouve son origine dans notre certitude que notre demande – ou comportement – ne mérite pas de s'opposer à un refus. En d'autres termes, si nous ne demandons rien de particulièrement difficile à faire, nous ne comprenons pas la raison pour laquelle nous ne sommes pas écoutés.

Notre incompréhension s'explique par notre erreur de nous considérer comme le centre du monde, le roi suprême. Les personnes à qui nous parlons devraient nous écouter, peser le poids de chacun de nos mots, réfléchir à leurs sens profonds et ... acquiescer à notre demande !

Dans la réalité, il faut nous souvenir qu'il n'existe qu'un seul Roi : D-ieu qui décide ce qu'il nous faut pour nous rapprocher de Lui. Ainsi, plutôt que de s'étonner – voire de s'énerver – de l'opposition d'une tierce personne, il nous faudrait réfléchir sur le bien que nous pouvons tirer de cette situation. Cela n'est pas toujours facile, mais nous devons être convaincus que cette opposition nous est tendue pour nous aider dans notre Service divin.

L'exemple sans doute le plus fréquent est l'opposition à laquelle nous faisons face avec nos enfants. Que nous ayons demandé un service particulier ou une action habituelle, lorsque nous constatons que nos paroles ne sont pas écoutées, nous commençons à sortir les griffes. Quelle preuve d'égoïsme !

Un des objectifs principaux du Service divin est de devenir modeste à nos propres yeux. Cela est vite dit, mais difficilement acquis. Si nous étions “zéro”, nous ne ressentirions aucune blessure lors d'un refus. Être “zéro” signifie ne pas mettre notre égo entre D-ieu et nous-mêmes.

Certes, nous devons remplir les différents rôles que le Créateur nous a accordés : mari ou femme, père ou mère, patron ou employé(e)... Cependant, notre rôle doit être tenu parce que nous sommes obligés de revêtir les vêtements que D-ieu nous confie et non pas parce que nous estimons devoir être écouté(e)s.

S'annuler, c'est ne pas exister. Ne pas exister, c'est ne pas sentir d'opposition, peu importe les réponses qu'on nous accorde. S'annuler, c'est ouvrir la porte de notre cœur à D-ieu, c'est reconnaître qu'Il est le Roi, pas nous.

Ne pas exister, laisser D-ieu nous envahir. Ne conserver notre corps que pour ce qu'il est : l'enveloppe de notre âme. Si nous pensons un peu plus au Maître du monde – et beaucoup moins à nous – nous pouvons devenir réellement spirituels. Dans ce cas, toute opposition s'effacera. Qui s'opposerait à un roi suprême ?