La Sainteté dans notre monde

(Erik)

Il existe des concepts dont nous connaissons l'existence, à défaut d'être familiers avec eux. Le concept de la Sainteté appartient à cette catégorie. La sainteté de D-ieu, celle de Tora... Même si nous admettons leur existence – lorsque nous l'admettons ! – il peut s'avérer difficile de trouver ces concepts près de nous, dans notre vie quotidienne. Au travail, au sein du foyer familial, dans les loisirs... nous avons tendance à vivre “en dehors” de la Sainteté. Nous réservons notre approche de ce concept pour les heures d'étude de la Tora, les moments de prière...

Nous prenons pour acquis qu'avec un livre de prières entre les mains – ou une Guemara, le Choul'han 'Aroukh... – nous établissons un lien spécifique avec notre Créateur. Cependant, l'essentiel de la Sainteté se trouve peut être ailleurs, dans des endroits où nous ne pensons pas toujours la trouver.

Dans le Liqouté Halakhoth (Ora'h 'Hayim, Hilkhoth Beith Haknesset, halakha 3), Rabbi Nathan de Breslev nous apprend que l'essentiel de la Sainteté consiste à prendre conscience qu'elle se trouve dans tout ce qui nous entoure, absolument tout. Cela est possible dès que nous reconnaissons que c'est D-ieu qui est à l'origine de tout ce qui fait notre environnement, notre vie.

Ainsi, admettre qu'un objet spécifique qui appartient à notre environnement trouve son origine en D-ieu, attire la Sainteté dans cet objet. Cela semble simple, simpliste et pourtant... Que de fois oublions-nous que le Créateur a tout créé ! Dans la mesure où ce raisonnement s'applique également à ce qui est abstrait, il faut s'en souvenir dans les situations que nous préférons tous éviter : conflits entre personnes, insultes dont nous sommes les victimes... D-ieu se trouve là aussi.

Si nous savons que D-ieu se trouve dans tout ce qui nous entoure – le matériel et l'immatériel – nous atteindrons un niveau extrêmement élevé d'emouna (foi). À l'opposé, lorsque nous oublions l'origine sainte d'une certaine chose – ou d'une certaine situation – nous plaçons D-ieu à l'extérieur de notre monde, que D-ieu nous garde. Nier l'existence de D-ieu est la pire des choses qui puisse arriver à une personne. Lorsque nous éprouvons de la difficulté à accepter la situation dans laquelle nous nous trouvons – et que nous nous mettons en colère – nous avons scellé notre décision : D-ieu est totalement absent de ce qui nous arrive, que D-ieu nous préserve. C'est sans doute pour cela que selon la Guemara, se mettre en colère est l'équivalent de l'idolâtrie.

Lors de notre prochaine conversation avec D-ieu, nous devrons Le supplier de nous aider à ne pas L'oublier, chaque heure, chaque minute de notre existence; dans tous les endroits et dans toutes les situations. Amen.