L'insulte réparatrice


Lorsqu'une personne a fauté, c'est qu'elle a pensé à elle-même avant de penser à D-ieu. Transgresser la Volonté divine est l'égoïsme ultime. Cependant, dans Sa Bonté absolue, le Créateur nous permet de nous repentir de cette faute. Dans le Liqouté Moharan I : 6, Rabbi Na'hman de Breslev décrit le processus.

Dans la mesure où la personne a fauté par égoïsme, elle doit obtenir sa réparation par une mesure identique (mesure pour mesure). Ainsi, D-ieu arrangera pour cette personne une situation dans laquelle elle sera mise dans l'embarras. La gêne ressentie permettra l'expiation de la faute commise.

Cela est possible si la personne acceptera d'être – par exemple – insultée sans retourner l'offense. Lorsqu'elle ne l'attendra pas – à son travail, à la poste, chez elle... – D-ieu mettra sur son chemin un malotru qui bafouera les règles les plus élémentaires de bienséance et qui se mettra à l'insulter abondamment.

À cet instant, la personne insultée fera bien de réaliser qu'elle est entrain d'expier sa faute. Si elle sent des velléités de répondre, elle fera mieux de garder sa bouche fermée. En l'occurrence, le silence est le meilleur des compagnons

Vues sous cet angle, les insultes de la vie quotidienne prennent un nouvel aspect. Si nous prenons conscience que nous fautons plus que nous le devrions, cela signifie que nous pensons plus ou moins régulièrement à nous avant de penser à D-ieu. Dans ce cas, il n'est pas étonnant de nous retrouver bousculés verbalement par le premier quidam venu.

Loin de chercher l'insulte, nous devons cependant l'accepter et surtout... ne pas répondre. Si nous sommes capables de nous retenir, nous rachèterons nos nombreuses fautes.

Rabbi Na'hman précise qu'il existe deux niveaux de réparations. Le premier niveau consiste à ne pas répondre lorsque nous sommes insultés. Même si notre sang bout, nous parvenons à rester calmes et à ne pas répondre. Le second niveau – beaucoup plus élevé que le premier – est atteint lorsque l'insulte ne nous touche plus. Non seulement nous ne répondons pas, mais nous voyons celui qui nous insulte comme nous regarderions un singe dans un zoo ! Nous sommes-nous déjà sentis insultés par un singe qui nous fait la grimace ?

Lorsque nous restons calmes et que nous sommes calmes, nous pouvons être convaincus d'avoir obtenu réparation pour les dégâts que nous avons causés. Nous rétorquerions-nous qu'être insulté est guère plaisant, nous répondrions qu'il fallait y penser avant de se considérer le centre du monde.

Demandons à D-ieu de nous aider à Le placer au centre de nos pensées.