Donner le bénéfice du doute



“Tu ne vas pas te laisser faire ? Réponds-lui ! Sois un homme !”

Honte à nous. Honte à notre culture et à notre amour propre.

Dans la leçon 6 du Liqouté Moharan, Rabbi Na'hman enseigne deux points importants : 1) Il est possible d'expier nos fautes en restant calme lorsque nous sommes insultés [lire l'article] ; 2) Nous devons donner le bénéfice du doute à la personne qui nous insulte. Nous avons récemment abordé le premier point ; nous aborderons donc ici le second.

Donner le bénéfice du doute n'est pas toujours facile. Pourtant, selon la loi juive il s'agit de la règle générale, à l'exception de certains cas précis, notamment les transactions financières. Lorsque nous voyons une personne agir d'une façon qui nous semble ne pas être convenable, nous devons nous forcer à trouver une raison valable à un tel comportement. On comprend la difficulté.

Pour autant, lorsqu'une personne nous insulte en public, nous pourrions penser qu'aucune excuse ne peut être trouvée. Après tout, mettre une personne dans l'embarras est une faute très grave dont la portée nous dépasse le pus souvent.

En une phrase, Rabbi Na'hman nous apprend ce que nous devons penser : “La personne qui m'insulte n'est pas entièrement responsable pour me mettre dans l'embarras. De fait, selon ce que cette personne sait – ainsi que selon sa façon de penser – il lui semble réellement que je mérite cette insulte.”

La personne qui atteint ce niveau de contrôle de soi-même, peut être assurée de recevoir un nombre important de bénédictions du Ciel. Si la culture moderne nous pousse à “donner un coup de tête” à celui qui nous cherche querelle, Rabbi Na'hman de Breslev donne un différent conseil : se souvenir que tout vient de la Volonté divine et même l'embarras que nous fuyons – mais que nous ne pouvons pas toujours éviter – correspond à la volonté de D-ieu.

Éloignons-nous de notre culture de mensonge ; fuyons l'apparence du fort. Celui qui est véritablement fort est celui qui se contrôle, pas celui qui répond d'une façon instinctive. Dans ce cas, l'être humain s'apparente à un animal.

Mon D-ieu, aide-moi à me souvenir que Tu m'as créé être humain. Aide-moi à honorer et à tenir le rang de la fonction que Tu m'as confiée.

La fierté appartient aux morts vivants ; l'annulation de soi est le joyau de ceux qui croient.