Les femmes et Tiqoun 'Hatsoth

Les femmes et Tiqoun 'Hatsoth

(Il s'agit de la dix-septième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la seizième partie en cliquant ici.)

Les femmes doivent-elles réciter Tiqoun 'Hatsoth ?

Les femmes ne doivent pas réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Ben Ich 'Haï, Vayichia'h, 6 et cf. Rav Péalim pour plus amples détails). Le Ben Ich 'Haï ajoute cependant que, tout comme il est préférable pour les hommes de s'habituer à dormir la première moitié de la nuit et se lever pour 'Hatsoth, il vaut mieux que les femmes qui doivent s'occuper de tâches ménagères la nuit, dorment au début de la nuit et se lèvent avant l'aube pour le faire, comme il est écrit (Proverbes 31, l5) : « II fait encore nuit qu'elle est déjà debout, distribuant des vivres à la maison...» (Ibid.)

Néanmoins, d'aucuns pensent que les femmes peuvent réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Cha'ar Hakavanoth, 54a) et « une femme pieuse qui désire réciter le Tiqoun 'Hatsoth sera bénie.» (Kaf Ha'haïm)

Rabbi Avraham HaLévy, qui composa les Tiqouné Chabath, vivait à Safed au temps de Rabbénou HaAri (Rabbi Yits'haq Louria, 1534-1572). Il avait l'habitude de se lever à 'Hatsoth et de déambuler dans le quartier juif de la ville en s'écriant amèrement : « Frères juifs, vous savez certainement que la Chékhina est en exile cause de nos nombreux péchés et que notre saint Temple a été brûlé. Levez-vous donc et crions vers l'Éternel, notre Roi, bon et miséricordieux ! Peut-être entendra-t-ll nos cris et nos prières et aura-t-ll pitié des vestiges d'Israël !»

Rabbi Avraham ne laissait de répit à personne et tout le monde se levait et se rendait dans les synagogues et les maisons d'étude pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth.

Après quoi, on se mettait à étudier, chacun selon son niveau, on entonnait des chants et on récitait des prières jusqu'au lever du soleil.

Rabbénou HaAri ne tarissait pas d'éloges sur la sainteté de Rabbi Avraham et disait qu'il était la réincarnation du prophète Jérémie. Il lui dit une fois : « Sache que tes jours sont finis et que tu dois quitter ce monde... à moins que tu n'entreprennes la mission suivante – et si tu y réussis, tu vivras encore vingt-deux ans: tu dois te rendre à Jérusalem et prier au Mur Occidental. Déverse ton cœur, et tu auras le mérite de voir la Chékhina

Rabbi Avraham s'enferma chez lui pendant trois jours et trois nuits et jeûna, revêtu d'un sac, des cendres sur la tête. Il se rendit ensuite au Mur Occidental, où il déversa son cœur en prières, en pleurant à chaudes larmes. Il remarqua ensuite près du Mur la silhouette d'une femme tout enveloppée de noir. Rabbi Avraham en fut tellement effrayé qu'il se jeta face contre terre, criant et sanglotant :

« J'ai tellement mal de te voir dans cet état ! Oy ma pauvre âme !» Il ne cessa de crier, s'arrachant les cheveux et finit par s'évanouir et tomber dans un profond sommeil. Il rêva qu'un esprit saint vêtu de beaux habits, venait vers lui et lui disait : « Ressaisis-toi, mon fils Avraham, car tu peux finalement espérer : les enfants reviendront sur leur terre, car je les libérerai de leur captivité et aurai pitié d'eux.»

Rabbi Avraham se réveilla et retourna à Safed. Quand il se présenta devant le Ari, ce dernier lui dit :

« À ton air, je vois que tu as eu le privilège de voir la face de la Chékhina. Tu peux maintenant être sûr de vivre encore vingt-deux ans. Rabbi Avraham vécut en fait vingt-deux ans de plus et doit servir d'exemple pour quiconque se lève pour 'Hatsoth, ou au moins avant le lever du jour pour se lamenter sur la destruction du saint Temple. Qu'on récite de nombreuses prières ou qu'on en récite le minimum, l'essentiel est de diriger son cœur vers le Ciel et on aura le mérite de voir fa reconstruction de Tsi'on et Jérusalem. Amen.» (Kav Hayachar, 93).

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)


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