Recueil des lois (1)

Commencer sa journée... la nuit !

(Il s'agit de la seizième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la quinzième partie en cliquant ici.)

1. Nétilath Yadayim (ablution des mains)

Celui qui se lève pendant la nuit – après 'Hatsoth – pour réciter le 'Hatsoth peut dire la bénédiction : « 'Al nétilath yadayim » (Misguéreth HaChoul'han et Amoud HaChoul'han sur le Kitsour Choul'han 'Aroukh). Le mieux est de se laver les mains près de son lit sans réciter la bénédiction, d'aller aux toilettes, puis, en sortant de la salle de bains, de se relaver les mains et de réciter la bénédiction (Maguen Avraham, Bakh et A'haronim).

Doit-on se laver de nouveau les mains après le lever du jour, si on s'est levé avant l'aube et qu'on s'est lavé les mains une première fois? Oui, mais sans bénédiction (Ora'h 'Haïm 4, 13). C'est ce qu'on doit faire également si on se remet au lit avant le lever du jour (Kitsour Choul'han 'Aroukh).

2. Les bénédictions du matin

Celui qui se lève pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth et doit ensuite se rendormir doit réciter les bénédictions : « Éternel, mon D-ieu, l'âme que Tu as mise en moi...» en sautant la bénédiction finale : « Sois loué. Éternel... qui rends les âmes aux trépassés.» Il doit de même réciter la bénédiction : «... qui délivres nos yeux du sommeil...», en sautant la fin : « Sois loué, Éternel, qui combles Ton peuple Israël de grâce et de bienveillance.»

Si on se lève plus tard, on doit réciter ces bénédictions avec leur conclusion. Néanmoins, celui qui veut réciter : « Éternel, ...l'âme que Tu as mise en moi » avec sa bénédiction finale peut le faire la première fois qu'il se lève (Cha'aré Têchouva 6, #6).

Celui qui se lève la nuit pour étudier la Tora avant l'aube doit réciter les bénédictions sur la Tora et n'a pas besoin de les répéter quand il va à la synagogue pour Cha'harith (Ora'h 'Haim 47:13). Même si on se remet au lit, on ne doit pas répéter les bénédictions au réveil, puisque les bénédictions qu'on a récitées la première fois couvrent toute la journée à venir jusqu'à l'heure du coucher (Michnah Bérourah, ad. toc., #29). Néanmoins, certains sont d'avis qu'il faut répéter les bénédictions sur la Tora en se réveillant d'un sommeil régulier prolongé (et non pas après un petit somme).

Celui qui se lève avant l'aube peut réciter toutes les bénédictions du matin, à l'exception de «... qui as donné au coq l'intelligence de distinguer le jour de la nuit » et les chapitres sur les sacrifices (Ora'h 'Haïm, ibid.). Celui qui se lève pour 'Hatsoth peut réciter les Birkoth Hacha'har même s'il a l'intention de se remettre au lit par la suite et il n'aura pas à les réciter en se réveillant le matin. De plus, d'après les A'haronim, on peut même réciter la bénédiction «... qui as donné au coq l'intelligence...» avant l'aube, si on le fait après 'Hatsoth. D'autres sont d'avis qu'il est préférable de s'abstenir de réciter cette bénédiction à cette heure, à moins qu'on ait vraiment entendu le chant du coq ; dans le cas contraire, on a néanmoins accompli son devoir (Michnah Bérourah, ibid, #31).

3. Nourriture après 'Hatsoth

À partir d'une demi-heure avant l'aube, il est interdit de manger et de boire plus de 28 grammes environ, mais on peut manger et boire moins que cette quantité jusqu'à l'aube. Selon le Zohar, même celui qui se lève au milieu de la nuit ne doit pas manger (ni boire selon une interprétation) jusqu'après la prière du matin. (Cela ne s'applique qu'à celui qui a dormi la première partie de la nuit, mais pas à quelqu'un qui a veillé toute la nuit). II convient d'essayer de suivre à cet égard le point de vue du Zohar, dans la mesure du possible.

Néanmoins, quelqu'un qui se sent faible et ne peut par conséquent se concentrer dans son étude peut manger et boire pour prendre des forces. Ce qui est interdit, c'est de manger pour satisfaire son appétit (Michnah Bérourah sur Ora'h 'Haïm 89, #27.28).

À l'aube, il est interdit de manger ou de boire, même après avoir accompli la mitzwa de la récitation du Chéma', jusqu'à la 'Amida. Toutefois, on peut boire de l'eau avant la prière du matin, ainsi que du thé, du café, etc... mais sans sucre ni lait. (Beaucoup adoptent néanmoins un point de vue moins strict et ont l'habitude de boire du café et du thé avec du sucre). Celui qui est obligé de manger avant la prière pour des raisons médicales doit de toute façon réciter le Chéma' auparavant. Celui qui a très faim ou très soif et ne pourra pas se concentrer s'il ne mange ni ne boit, pourra manger ou boire un peu pour pouvoir se concentrer (Ora'h 'Haïm 89, 3-4 et Michnah Bérourah, ad. loc., #22, #25-26).

Rabbi Na'hman disait qu'il n'avait jamais bu, ne fût-ce que de l'eau, avant la prière (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #277) et les 'hassidé Breslev veillent à ne rien manger ni boire avant Cha'harith.

4. Les jours où l'on dit Tiqoun Ra'hel

'On ne récite le Tiqoun Ra'hel que le jour où on dit Ta'hanoun à la prière du matin.

On récite le Tiqoun Léa même les jours où on ne dit pas Ta'hanoun, c'est-à-dire le Chabath, les jours de fête (inclus les mi-fêtes), à Roch 'Hodech, tous le mois de Nissan, à Pessa'h Chéni, a Lag Baomer, de Roch Hodech Sivan jusqu'à sept jours après Chavou'oth, le 15 Av, de la veille de Yom Kipour à la fin du mois de Tichré, à 'Hanouca, à Tou Bichvat, à Pourim et à Chouchan Pourim (et les années de 13 mois, les 14 et 15 Adar I).

Le jour où on ne dit pas Ta'hanoun, on omet généralement les Psaumes 20 « que l'Éternel t'exauce » et 51 « Au chef des chantres.... lorsque le Prophète Nathan fut venu...» et le verset « Jusqu'à quand versera-t-on des larmes... construire les remparts de Jérusalem.»

La nuit de Tich'a Béav, on ne récite que le Tiqoun Ra'hel. Certains ont l'habitude d'omettre les Psaumes 137 et 79 et commencent avec les Lamentations 5 : « Souviens-Toi, Seigneur, de ce qui nous est advenu...»

On ne doit réciter ni le Tiqoun Ra'hel ni le Tiqoun Lea après l'aube (Ben Ich 'Hai 1, Vayichia'h, 8). Toutefois, celui qui ne s'est levé que peu après le lever du soleil peut réciter les Psaumes, mais pas les Kinoth (Michnah Bérourah l, #9). Si on n'a pas le temps de réciter le Tiqoun 'Hatsoth et d'étudier la Tora avant l'aube, il est préférable de réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Ben Ich 'Haï, ibid. 9).

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)