Prenons le départ

Prenons le départ

(Il s'agit de la treizième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la douzième partie en cliquant ici.)

Veiller jusqu'à 'Hatsoth

Pour ceux qui se sentent découragés à l'idée de régler le réveil pour le milieu de la nuit et de se réveiller pour 'Hatsoth, nous recommandons de commencer à veiller plus tard que d'habitude et réciter le Tiqoun 'Hatsoth avant de se coucher.

Il vaut certainement mieux veiller pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth et aller se coucher ensuite que de ne pas le dire du tout. La simple récitation du Tiqoun 'Hatsoth nous invite à concentrer notre esprit sur la tragédie de la destruction du Temple et sur le besoin de prier pour la rédemption. En outre, la sérénité de cette heure de la nuit favorise grandement l'introspection et la réflexion, la prière sincère et l'étude de la Tora. Même quelques minutes de prière et d'étude à ce moment sont d'une valeur inestimable. Au début, essayez de vous lever une fois par semaine, ou au moins une fois par mois.

Se lever pour 'Hatsoth

Pour beaucoup, l'idée de briser son sommeil au milieu de la nuit pour se lever à 'Hatsoth est carrément insupportable, bien que ce soit en fait le meilleur moyen de réciter le Tiqoun 'Hatsoth. Même si vous pensez que c'est au-delà de vos possibilités, pourquoi ne pas faire de de temps à autre une petite prière pour demander à D-ieu de vous aider à atteindre ce niveau ? Rien n'est impossible pour D-ieu. Qui peut connaître les effets d'une seule petite prière ? La vie nous conduit parfois sur des chemins menant à des niveaux de dévotions qui nous paraissaient inaccessibles auparavant.

Même si on ne fait pas un effort sérieux pour essayer de se lever pour 'Hatsoth, il faudrait au moins le réciter quand on se sent agité ou qu'on souffre d'insomnie.

Ceux qui veulent se lever spécialement pour 'Hatsoth doivent se coucher plus tôt que d'habitude, faire éventuellement part de leurs intentions à leur famille et faire tous les préparatifs nécessaires pour ne déranger personne.

Même si le maximum que vous puissiez faire après avoir entendu le réveil est de vous laver les mains à côté de votre lit, de réciter couché une partie du Tiqoun 'Hatsoth sans beaucoup de concentration et de vous rendormir immédiatement, c'est déjà une action appréciable. D'autres peuvent se sentir en fait plus alertes et dispos qu'ils ne le pensaient et sont capables de prier, méditer et étudier la Tora pendant un bon moment. Il est toutefois important de conformer son désir d'étudier pendant la nuit aux nécessités d'être en forme le lendemain pour accomplir ses devoirs.

Les gens sont parfois tellement enthousiasmés par la grâce unique de ces heures précieuses qu'ils s'aventurent à rester éveillés pendant de longues heures plusieurs nuits de suite. Le seul avantage qu'ils en retirent, c'est une grande fatigue qui les inhibe dans la journée. À ceux qui commencent à se lever pour 'Hatsoth, nous suggérons de faire alterner des veilles plus longues et d'autres courtes.

Comme nous l'avons vu, Rabbi Na'hman enseignait que 'Hatsoth commence toujours six heures après la tombée de la nuit et qu'on peut le réciter n'importe quand pendant les deux heures qui suivent. À quelle heure faut-il se lever exactement si on tient à dire 'Hatsoth ?

II ne fait pas de doute que l'idéal serait la néqouda même de 'Hatsoth. Mais la plupart des gens ont des obligations le soir et ne peuvent se coucher que plusieurs heures après la tombée de la nuit, ce qui leur laisse normalement pas plus d'une heure ou deux de sommeil avant la néqouda. Qu'est-ce qu'il vaut mieux : s'efforcer de briser son sommeil à l'heure de la néqouda, de dire 'Hatsoth, etc. et de se remettre ensuite au lit, ou se permettre deux heures supplémentaires de sommeil et régler le réveil pour plus tard, afin d'être plus dispos pour prier et étudier avec concentration ?

Il n'y a pas une réponse unique à cette question ; les besoins physiques sont divers et ce qui est bien pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Rabbi Avraham beReb Na'hman (1849-1917), l'un des dirigeants Breslev de son temps et un érudit de tout premier ordre, préconisait de rester éveillé à l'heure de la néqouda, même si cela obligeait à se recoucher après, pour avoir la force de prier convenablement le matin (Sia'h Sarfé Qodech III, 499).

En revanche, Rabbi Nathan – qui n'ignorait certainement pas la valeur de la néqouda – comprenait qu'il n'est pas donné à tout le monde de se lever pour le Tiqoun 'Hatsoth à cette heure. Il préconisait dans ce cas d'essayer de se lever une heure plus tard et en cas d'impossibilité, d'essayer de se lever encore une heure plus tard, etc... (Si'hoth Véssipourim, p. 120).

Il ne faut pas espérer suivre exactement le même emploi du temps, surtout lorsqu'on se lève les premières fois pour 'Hatsoth. Parfois on peut se permettre de se lever à la néqouda, alors que cela est impossible d'autres nuits, par suite des activités de la veille... Il arrive qu'en souhaitant se lever pour 'Hatsoth, on ne puisse se coucher suffisamment tôt. Le mieux à faire dans ce cas serait de veiller pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth plutôt que de le manquer.

Pour celui qui éprouve vraiment le désir de se lever régulièrement pour 'Hatsoth, prier et étudier, le principal problème est celui du sommeil. D'aucuns pensent qu'avec la pratique, ils peuvent facilement diviser en deux leurs heures de sommeil, en se couchant quatre ou cinq heures avant 'Hatsoth, puis deux ou trois après, soit pendant la nuit, soit après Cha'harith. En hiver, où les nuits sont plus longues, il est plus facile de dormir un peu plus avant le jour, tandis qu'en été, il sérail préférable de rester éveillé jusqu'après la prière du matin avant de se reposer.

Marche arrière

Certains trouvent qu'il leur est impossible de briser régulièrement leur sommeil. Ils savent par expérience que s'ils dorment moins que d'habitude, ils ne seront pas du tout dispos dans la journée. C'était par exemple le cas de Rabbi Dov, disciple de Rabbi Na'hman et nous savons que Rabbi Na'hman l'encourageait à admettre la réalité et à dormir autant qu'il en avait besoin.

Cela ne veut pas dire que celui qui a besoin de six à huit heures consécutives de sommeil doive abandonner complètement l'idée de 'Hatsoth. Il faudrait dans ce cas essayer de se coucher assez tôt pour être en mesure de se lever une heure ou deux avant le lever du jour. Ceux qui se lèvent régulièrement pour méditer et étudier apprécient pleinement ces heures de calme et considèrent qu'il valait la peine de se coucher beaucoup plus tôt pour profiter de ces moments d'exception.

« II faudrait faire tout son possible pour se lèvera 'Hatsoth. Mais à celui qui est très occupé par ses affaires et n'y arrive pas, nous suggérons d'aider financièrement un Talmid 'Hakham qui le fait. Le commerçant prendra ainsi part à la mitswa. Celui qui, en toute honnêteté et sincérité, reconnaît sa faiblesse physique, doit néanmoins s'efforcer de se lever dans les deux heures qui suivent 'Hatsoth, ce moment unique de Grâce divine. » ('Houtsoth Damésse)


(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)