Votre 'Hatsoth

Votre 'Hatsoth

(Il s'agit de la douzième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la onzième partie en cliquant ici.)

« II est préférable d'accomplir une mitswa selon ses moyens plutôt de ne rien faire du tout. » (Le Livre du Aleph Beth, Repentir A 83)

L'un des proches disciples de Rabbi Na'hman, Rabbi Dov, voulait se lever pour 'Hatsoth tous les soirs, mais il trouvait que cela exigeait trop d'efforts. Il chargea quelqu'un de le réveiller, mais dès que l'homme partait, Rabbi Dov se rendormait. Il décida alors de dire à l'homme de ne pas partir avant de le voir hors du lit et habillé. Malgré cela, Rabbi Dov avait du mal à se concentrer et il souffrait de maux de tête. Il se sentait si mal qu'il faillit en perdre l'esprit.

Il finit par se présenter devant Rabbi Na'hman et sa mère présenta des excuses au Rebbe en son nom, lui expliquant que Rabbi Dov dormait peu, ce qui le perturbait beaucoup. Rabbi Na'hman répondit à Rabbi Dov :

« Dors et mange, mais veille à ton temps ! Reviens me voir dans un instant et demande-moi ce que tu dois faire pour 'Hatsoth.» Lorsque Rabbi Dov revint, Rabbi Na'hman lui dit de se réveiller toutes les nuits à trois heures. « C'est l'heure de ton 'Hatsoth !» C'est ce que fit Rabbi Dov et ceux qui étudiaient toute la nuit au Beth Hamidrach savaient que, lorsque Rabbi Dov venait les rejoindre, il était trois heures du matin (Kokhvé Or, p. 25)

Ce conseil de Rabbi Na'hman à Rabbi Dov est très édifiant. Rabbi Na'hman dit une fois : « La principale dévotion du juif est de se lever pour 'Hatsoth. » (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #301). Si Rabbi Na'hman attachait tant d'importance au Tiqoun 'Hatsoth, on aurait pu s'attendre à le voir insister pour que tout le monde se forçât à tout prix à se lever exactement à l'heure appropriée.

Mais c'eût été mal connaître Rabbi Na'hman qui n'a jamais essayé de rien forcer : il savait que le plus souvent, cela conduit exactement au résultat contraire. Il voulait certainement que les gens s'efforcent au maximum de faire ce qui était bon pour leur but ultime. Mais il comprenait également que nous ne sommes que des êtres humains.

Rabbi Na'hman se rendit compte que Rabbi Dov n'était pas en mesure de se lever à la néqouda exacte de 'Hatsoth : il ne dormait pas assez et ne pouvait rien faire le lendemain. Au lieu de conseiller à Rabbi Dov d'abandonner complètement l'idée de se lever pour 'Hatsoth, il lui demanda d'accomplir la mitswa conformément à ses possibilités physiques : « Ton 'Hatsoth est à trois heures.»

Le même principe s'applique à quiconque veut accomplir cette mitswa si précieuse. Dans tout domaine spirituel, il est impossible d'accéder tout d'un coup des niveaux élevés. Il est certes valable d'aspirer aux idéaux les plus sublimes, mais on doit connaître se limites. Si on veut vraiment faire des progrès, il faut procéder lentement, par étapes, dans la bonne direction Si l'on veut trop faire d'un coup, on court le risque à s'épuiser et d'échouer complètement. Comme disait Rabbi Nathan : « II est des gens qui s'efforcent d'accomplir une mitswa avec tellement d'intransigeance qu'ils finissent par ne plus rien faire du tout.» (Sia'h Sarfé Qodech I, 571).

Cette remarque concerne assurément le Tiqoun 'Hatsoth. Si vous voulez vous lever pour 'Hatsoth, vous devez examiner avec soin quel est votre 'Hatsoth personnel : savoir l'insérer au mieux dans votre emploi du temps, être conscient de votre état de santé, du nombre d'heures de sommeil qui vous sont indispensables, tenir compte de votre métier, de vos engagements quotidiens, de vos responsabilités familiales, etc... Avec un peu de volonté, après une série d'essais et d'erreurs, vous trouverez peu à peu la formule qui vous convient le mieux. Tous les débuts sont difficiles, mais en fin de compte, on s'habitue à tout.


(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)