Les bénédictions de Acher Yatsar et de Elokaï Nechama


Question : Doit-on enchaîner la bénédiction de Acher Yatsar et celle de Elokaï Nechama ?

(La bénédiction d’Acher Yatsar est celle que l’on récite après s’être rendu aux toilettes)

Réponse : Il est enseigné dans une Baraïta du traité Bérah’ot (46a) que toutes les bénédictions débutent par le terme « Barouh’ » (mais nous ne pouvons pas nous étendre sur la raison).

Par conséquent, la question peut être apparemment posée au sujet de la bénédiction de Elokaï Nechama récitée chaque matin (et à laquelle sont soumis les hommes comme les femmes, comme au reste des bénédictions du matin, comme nous l’avons expliqué dans les règles relatives aux bénédictions du matin), pourquoi ne commence-t-elle pas par le terme « Barouh’ » ?

Il est vrai que le ROCH écrit dans une Tchouva que puisque la bénédiction de Elokaï Nechama ne débute pas par le terme « Barouh’ », il faut donc la dire immédiatement après avoir achevé la bénédiction de Acher Yatsar, afin de la rapprocher le plus possible d’une bénédiction qui débute par le mot « Barouh’ », comme la bénédiction d’Acher Yatsar. Mais le BAH’ (Baït H’adach) précise qu’en réalité le ROCH ne veut pas tranché ici qu’il est une véritable obligation selon le Din d’enchaîner ces 2 bénédictions, mais il veut seulement nous enseigner qu’il est préférable de le faire à titre de piété.

Selon le strict Din, il n’est pas obligatoire d’enchaîner ces 2 bénédictions l’une à l’autre, comme l’écrivent les Tossafot sur Bérah’ot (14a) en ses termes :

« Pourquoi la bénédiction d’Elokaï Nechama ne commence-t-elle pas par le terme « Barouh’ » ? Elle ne suit pourtant pas la bénédiction d’Acher Yatsar, par exemple dans le cas où la personne se réveille, mais ne se rend pas aux toilettes, et dans un tel cas elle ne récite pas la bénédiction d’Acher Yatsar, mais seulement celle d’Elokaï Nechama). Il faut répondre qu’étant donné que la bénédiction d’Elokaï Nechama n’est qu’une simple formule de reconnaissance (elle n’est pas essentiellement une bénédiction, mais seulement une formule de reconnaissance), c’est pour cette raison qu’elle ne débute pas par le terme « Barouh’ ».

C’est ainsi que tranchent le TOUR et MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ en ces termes :

« La bénédiction d’Elokaï Nechama ne débute pas par le terme « Barouh’ » car elle est une bénédiction de reconnaissance (elle n’est pas une bénédiction d’accomplissement de Mitsvot, comme celle que l’on récite avant de mettre les Tefilin, et elle n’est pas non plus une bénédiction alimentaire). Or, les bénédictions de reconnaissance ne débutent pas par le terme « Barouh’ ».

C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita, mais il cite également l’opinion des décisionnaires et des Kabbalistes selon lesquels il faut enchaîner la bénédiction d’Acher Yatsar et Elokaï Nechama, c’est donc pour cette raison qu’il écrit qu’il est malgré tout préférable de les enchaîner, afin de prendre en considération l’opinion des décisionnaires qui sont de cet avis. (Halacha Yomit)