Le Miracle de H’anouka


Dans cette période qui est celle de la fête de H’anouka, nos maîtres ont établis une institution afin de divulguer le Miracle qu’Hachem a réalisé avec nos ancêtres. C’est l’institution de l’allumage des Nerot de H‘anouka durant 8 jours.

En réalité, l’allumage des Nerot de H’anouka ne vient pas divulguer tous les miracles qui se sont produits à H’anouka, mais uniquement le miracle de l’ultime flacon d’huile pure qui restait dans le Beth Ha-Mikdach, et qui contenait seulement la quantité nécessaire pour allumer un seul jour, un miracle se produisit et ils purent allumer les Nerot grâce à ce flacon, durant 8 jours.

Mais nos maîtres n’ont pas établi d’institution pour les autres miracles d’Hachem, comme celui de la victoire militaire, où la minorité qui a vaincu la majorité, et le fait que le nom d’Israël n’a pas été effacé du monde.

Cela nécessite justement réflexion, car lorsqu’on observe le texte du « ‘Al Hanissim » que l’on dit dans la prière quotidienne ainsi que dans le Birkat Hamazon pendant H’anouka, il y est mentionné le miracle de la victoire des Makabim sur les Grecs. Comme il y est écrit :

Que les Grecs étaient venus « …afin de leur faire oublier Ta Torah et les égarer de Tes lois, mais Toi, dans Ta grande Miséricorde, Tu as donné les forts dans la main des faibles, la majorité dans la main de la minorité… ». Alors que le merveilleux miracle du flacon d’huile n’est pas du tout mentionné dans la prière.

Si nos maîtres ont vu une si grande importance dans le miracle du flacon d’huile, au point d’en instituer une Mitsva d’allumer les Nerot de H’anouka, il aurait été donc souhaitable que ce miracle soit mentionné lui aussi dans la prière et le Birkat Hamazon. Pourquoi le miracle essentiel est-il absent de la prière ?

Dans la Guémara Ta’anit (25a), on rapporte une histoire au sujet de Rabbi H’anina Ben Dossa. Un jour, sa fille alluma par erreur les Nérot de Chabbat avec du vinaigre à la place de l’huile. Elle resta assise en pleurant, car les Nérot allaient s’éteindre d’un moment à l’autre, et cela les forcera à rester dans l’obscurité durant tout le Chabbat son père constata sa grande peine, et lui dit : « Ma fille, pourquoi pleures-tu ? Celui qui a dit à l’huile de brûler dira également au vinaigre de brûler ! » Il en fut selon ses paroles, et les Nérot au vinaigre brûlèrent durant tout le Chabbat, et s’éteignirent seulement à la sortie de Chabbat.

Nous pouvons donc constater que le miracle du flacon d’huile de H’anouka qui s’est produit avec les H’achmonaïm, se produisit également avec Rabbi H’anina Ben Dossa. Il semble donc apparemment que le miracle qui s’est produit avec les Makabim n’a rien d’aussi impressionnant, car un tel phénomène se répéta dans le monde avec d’autres Tsadikim, pour lesquels Hachem a bouleversé les règles de la nature sur ce point.

Pourquoi donc nos maîtres ont-ils autant attiré notre attention sur ce miracle en établissant une institution, alors que le miracle essentiel qui est le miracle de la victoire n’a pas bénéficié d’autant d’attention, ni même d’une institution pour le célébrer ?

En réalité, le miracle essentiel de H‘anouka reste le miracle de la victoire des Makabim sur les maudits grecs, seulement tous les miracles qui se sont produits lors des batailles des Makabim, restaient dans des proportions humainement explicables, et celui qui voudrait nier leur authenticité, en disant que toute la victoire n’est due qu’à la force supérieure des Makabim, et malgré qu’ils étaient minoritaires, malgré tout, grâce à leur force physique, leur intelligence et leur sens de la stratégie.

Ils ont su comment vaincre les nombreuses armées grecques (comme l’écrit le RAN sur H’oulin 95b, que de façon naturelle, 2 ou 3 courageux peuvent mettre en fuite de nombreuses personnes).

Mais par le mérite du miracle du flacon d’huile, les arguments de tous ceux qui désireraient philosopher sur la question, sont réfutés, car le miracle du flacon d’huile est – sans le moindre doute possible – un phénomène inexplicable du point de vue naturel, et de ce fait, il dévoile par lui-même les autres miracles de H’anouka qui provenaient tous d’Hachem. Certains de ces miracles étaient dévoilés, certains d’entre eux étaient cachés.

Mais par la récitation du Hallel, ainsi que par l’accomplissement de l’institution de l’allumage des Nerot de H’anouka durant 8 jours, nous exprimons notre reconnaissance envers Hachem pour tous les Miracles qu’Il a réalisés pour nous en cette période de H’anouka.

C’est pour cette raison également que nous ne marquons pas les jours de H’anouka par des repas ou des délices comme nous en avons l’habitude lors des autres jours de fête, car l’essentiel du miracle pour lequel nous sommes reconnaissants envers Hachem, n’est pas le sauvetage du corps humain de la main des Grecs, puisque les Grecs n’ont pas voulu l’anéantissement physique du peuple d’Israël, mais uniquement l’anéantissement de l’âme de notre peuple.

C’est pourquoi, il est souhaitable de faire un rappel du miracle par un moyen spirituel, par la lumière des Nerot de H’anouka qui symbolisent l’âme de l’homme, ainsi que la lumière spirituelle qui réside dans son âme.

Le sauvetage physique dont nous avons bénéficié à l’époque des Makabim, n’est en réalité que le sauvetage de l’esprit de notre peuple, car s’ils l’avaient désiré, les Makabim pouvaient aussi se soumettre et se joindre eux aussi aux hellénisants (juifs qui avaient accepté de s’assimiler aux Grecs), et par cela, la Torah aurai été interrompue du peuple d’Israël (qu’Hachem nous en préserve).

La réelle joie n’est pas celle de la victoire, mais surtout celle du sauvetage spirituel, et nous devons donc marquer ce sauvetage par un moyen spirituel, qui fut démontré à la lumière du soleil par le Miracle du flacon d’huile, qui est entièrement spirituel, dont la lumière qu’il a produit, nous éclaire jusqu’à ce jour.

Par le mérite de ce miracle, nous pourrons continuer dans la Torah et la crainte d’Hachem, jusqu’à la venue du Machiah' qui nous délivrera définitivement, rapidement et de nos jours, AMEN. (Halacha Yomit)