Le jeûne de Guédalya


Le jeûne de Guédalya tombe à la date du 3 Tichré (cette année : le 7 septembre 2013).

Ce jeûne a été instauré par nos maîtres pour marquer l’assassinat, de Guédalya Ben Ah’ikam. L’assassinat de Guédalya eut pour conséquence le départ en captivité du reste des juifs qui étaient autorisés à habiter Erets Israël, et le pays d’Israël fut laissé à l’abandon et frappé de désolation pendant 70 ans. (Voir livre de Jérémie chap.40)

Le jeûne de Guédalya est soumis à toutes les règles relatives aux autres jeûnes, que vous pouvez consulter chez nous aux règles relatives au jeûne du 17 Tamouz.

Rabbenou Yeroh’am écrit que Guédalya Ben A’hikam fut assassiné le jour de Roch Ha-Chana, mais comme il est interdit de jeûner le jour de Roch Ha-Chana en raison de Yom Tov, nos maîtres ont instauré le jeûne au lendemain de Roch Ha-Chana, le 3 Tishré. MARAN rapporte cette opinion dans le Beit Yossef (fin du chap.549). C’est ainsi que pensent également le Meïri et le RADAK.

Or, une Halah’a est tranchée dans le Choulh’an Arouh’ (chap.559), selon laquelle lorsqu’un jeûne publique tombe un Chabbat, et pour cette raison le jeûne est repoussé au lendemain dimanche (excepté Yom Kippour), les 3 Baalé Berit (le père du bébé, le Mohel – celui qui pratique la circoncision – ainsi que le Sandak – celui qui porte l’enfant pendant la circoncision), sont exempts de jeûner dans ce cas là. Par exemple : Si le jeûne du 9 Av tombe un Chabbat, il est repoussé au lendemain dimanche, et dans ce cas, les Ba’alé Bérit pourront manger ce jour là. Il y a d’autres cas pour lesquels on est plus souple lorsque le jeûne est repoussé.

Par conséquent, à la lueur de ce que nous avons rapporté plus haut au nom de Rabbenou Yero’ham, selon qui le jeûne de Guédalya devait être instauré le jour de Roch Ha-Chana, mais qu’il fut repoussé au lendemain à cause de Yom Tov, selon cette opinion, le TAZ (Touré Zahav) écrit que si une Bérit Mila tombe le jour du jeûne de Guédalya, les 3 Baalé Berit, n’ont pas besoin de jeûner, puisque c’est un jeûne repoussé.

Mais on peut réfuter cette opinion car en général, nous distinguons réellement lorsqu’un jeûne a été repoussé, par exemple, un 9 Av qui tombe un Chabbat, tout le monde sait qu’il doit tomber Chabbat, mais qu’en raison de la sainteté de Chabbat, le jeûne a été repoussé au lendemain Dimanche.

Mais pour le jeûne de Guédalya, dont le report n’est pas réellement distinct puisqu’il est repoussé chaque année au 3 Tishré depuis son instauration, les 3 Baalé Berit ne sont donc pas exempts de jeûner. Cette nuance est approuvée par le Gaon Rabbi Yéhouda ‘Ayach, qui considère la réfutation du TAZ comme sensée.

Telle est également l’opinion de notre maître le Rav Ovadia Yossef Chlita qui tranche que lorsque le jeûne de Guédalya est observé à sa date réelle (3 Tishré, lendemain de Roch Ha-Chana), même les 3 Ba’alé Berit sont soumis à l’obligation de jeûner.

Par conséquent, cette année (5774) où le jeûne tombe en semaine, son statut reste le même que les autres jeûnes, et les Ba’alé Bérit ne sont pas autorisés à manger. Cependant, puisqu’il est repoussé (il tombe Chabbat et il est repoussé à dimanche), selon tous les avis, on peut se montrer plus souple pour un jeûne repoussé.