« Le Tribunal céleste ne punit pas une personne âgée de moins de 20 ans »


Question : Est-il vrai qu’au Tribunal céleste, on n’est pas condamnable pour des fautes que l’on a commis jusqu’à l’âge de 20 ans ?

Réponse : Il est expliqué dans notre sainte Tora que tout individu, dès qu’il atteint l’âge des Mitsvot (13 ans pour un garçon et 12 ans pour une fille), devient responsable de ses actes. On le juge sur chacun de ses actes, aussi bien pour des affaires d’argent que pour des peines de Malkout (39 coups) ou même des peines de mort, selon les actes commis. 

Il semblerait logique qu’il en soit également ainsi dans le Tribunal céleste où les exigences envers une personne convoquée en jugement ne seraient pas inférieures à celles du tribunal terrestre. Mais il est vrai que nous trouvons à divers endroits des enseignements de nos maîtres (pour exemple : Guémara Chabbat 89b), que le Tribunal céleste n’inflige pas de punition à l’individu pour les actes qu’il a commis avant l’âge de 20 ans. 

Le Gaon auteur du Chou’t H’avot Yaïr écrit que le Tribunal céleste n’inflige effectivement pas de châtiment pour des actes commis avant l’âge de 20 ans lorsqu’il ne s’agit pas de transgressions explicites dans la Tora mais seulement d’interdits déduits par simple raisonnement. Mais s’il s’agit de transgressions explicites dans la Tora, le châtiment est infligé même si la personne est âgée de moins de 20 ans. 

Mais notre maître le Gaon H’YDA objecte sur ses propos, car il est écrit explicitement dans la Guémara que le Tribunal céleste n’inflige réellement aucune punition pour des actes commis avant l’âge de 20 ans, même s’il s’agit de choses écrites explicitement dans la Tora. Par conséquent, il faut maintenir l’explication selon laquelle un individu n’est pas condamnable par le tribunal céleste pour des actes commis avant l’âge de 20 ans. 

Le Gaon Rabbi Yits'haq YOSSEF Chlita, directeur de la Yéchiva H’AZON OVADIA, rapporte dans son dernier ouvrage « Choulh’an Ha-Ma’areh’et » que le Gaon H’ah’am Tsévi résout l’objection du H’YDA et selon lui, il faut considérer que l’on est effectivement condamnable dès l’âge des Mitsvot lorsqu’il s’agit de fautes explicitement écrites dans la Tora

En réalité, il n’y a pas vraiment de doute sur ce point et selon tous les avis, il n’existe pas d’acquittement qui puisse effacer des actes commis avant l’âge de 20 ans. En effet, notre maître le ARI Zal a procuré un « Tiqoun » (procédé de réparation d’une faute) à son élève Rabbenou H’aïm VITTAL pour une « faute » commise dans son enfance. Nous pouvons donc constater qu’il est nécessaire de réparer même des fautes commises avant l’âge des Mitsvot, à fortiori lorsqu’ils ont été commises après l’âge des Mitsvot, comme avant l’âge de 20 ans par exemple. 

Il est également enseigné explicitement dans la Guémara Bérah’ot qu’Eli Ha-Cohen réprimanda le prophète Chémouel lorsqu’il était un jeune enfant pour avoir enseigné une Halaha’ en présence de son maître et lui signifia qu’il était passible de peine de mort par le Ciel pour un tel acte. Nous en déduisons que l’on est appelé à rendre des comptes même pour des actes commis dans la plus tendre enfance. 

Nos maîtres les commentateurs expliquent que le Jugement divin dépend de l’agilité de l’esprit de l’individu. Une personne très intelligente se verra exigée une responsabilité même sur des actes commis dans son enfance. C’est exactement ce qu’écrivent les Tossafot en réponse à une question de Rabbenou Yéhouda Hé-H’assid qui demande pourquoi ‘Er et Onan furent punis, alors qu’ils n’étaient pas encore âgés de 20 ans lors de leurs fautes ? Et les Tossafot répondent qu’en réalité, le Tribunal céleste ne punit qu’en fonction du niveau de sagesse de l’individu. 

Si la sagesse d’un enfant est égale à celle d’un individu de 20 ans, il se verra châtié comme s’il avait 20 ans. Le prophète Chémouel était doté d’une grande sagesse même dans sa plus tendre enfance et c’est pour cette raison qu’on lui demanda des comptes sur ses actes, comme s’il avait 20 ans.

En conclusion : Même s’il existe des cas où le Tribunal céleste n’inflige pas de châtiment à un individu pour des actes commis avant l’âge de 20 ans, malgré tout, il semble que cette règle connait des exceptions, comme pour les interdits explicitement écrits dans la Tora pour lesquels on est condamnable même avant l’âge de 20 ans. De même, si l’on voit que l’individu était doté d’une grande sagesse et qu’il était responsable de ses actes lors de la transgression, il sera châtié même pour un acte commis même dans son enfance, comme nous l’avons expliqué. (Halacha Yomit)