Le H’amets et les KITNIOTT (légumineuses) pendant Pessah’


Il est dit dans la Torah au sujet de Pessah’ (Chémott 13) : « Les Matsot seront consommées durant 7 jours, et il ne sera vu ni H’amets, ni levain dans tes domaines. »

Le H’amets que la Torah interdit correspond au contact de la farine de l’une des 5 céréales du DAGAN (le blé ; l’orge ; le seigle ; l’avoine ; l’épeautre) avec de l’eau durant un certain laps de temps. Par ce contact s’opère une modification de la constitution intérieure de la farine et débute la fermentation. Dès le début de cette fermentation, ce H’amets devient interdit à la consommation et au profit, et il est également interdit à tout juif de le posséder chez lui durant Pessah’.

Le riz et les diverses KITNIOTT, comme les petits poids et les haricots, sont autorisés à Pessah’, car il n’y a de H’amets que lorsque l’aliment est fait à base de l’une des 5 céréales du DAGAN que l’on a cité plus haut. Or, les KITNIOTT n’en font pas partie.

Tout ceci, à la condition que l’on veille à vérifier le riz de sorte qu’il n’y a pas de grains de blé ou d’orge, ou d’autres céréales du DAGAN mélangés au riz, car il arrive parfois dans les régions où l’on fait pousser le riz, que les champs de blé ou d’autres céréales H’amets se trouvent à proximité. 

De même, les sacs dans lesquels on transporte le riz, servent aussi à transporter les céréales H’amets, qui peuvent ensuite se mélanger au riz et par cela, interdire tout un plat cuisiné avec ce riz (comme nous l’avons déjà expliqué antérieurement, puisque nous avons vu que même une miette de H’amets à la capacité d’interdire toute une grande marmite contenant un plat cuisiné).

C’est pourquoi, il est d’usage de trier le riz pour Pessah’ avec une grande vigilance et beaucoup de concentration, 3 fois consécutives, à un moment où les enfants en bas- âge ne se trouvent pas à proximité des personnes qui vérifient.

À cause du risque de mélange de grains de céréales DAGAN avec les grains de KITNIOTT, les Achkénazes ont la tradition de s’interdire les KITNIOTT durant Pessah’.

Il y a aussi quelques Séfarades très scrupuleux (essentiellement ceux originaires d’Afrique du Nord) qui s’imposent également l’usage de s’interdire la consommation de riz durant Pessah’, tout comme les Achkénazes.

Cependant, ils ne s’interdisent en général que le riz et non le reste des KITNIOTT. (Ces dernières années, le Richonn Létsionn - Grand Rabbin Séfarade d’Israël - le Gaonn Rabbi Chlomo Moché AMAR Chlita a interdit de donner un certificat de Cacherout pour Pessah’ à l’épice « Cumin », car sa forme ressemble très fortement à celle de l’avoine, et il est très fréquent que l’on mélange des grains d’avoines aux grains de cumin sans que l’on s’en rende compte.

C'est pourquoi il prit la décision d’interdire totalement le cumin pour Pessah’. Cette rigueur est comparable à l’usage de ceux qui s’interdisent les KITNIOTT. Cependant, d’autres organismes de Cacherout ont accepté de donner un certificat de Cacherout au Cumin.) Les personnes d’origines Achkénazes qui ont la tradition de s’interdire la consommation de Kitniott durant Pessah’, n’ont strictement pas le droit d’en consommer, même en procédant à une Hataratt Nédarim (une annulation des vœux).

Si une femme Achkénaze - qui avait l’usage chez ses parents de ne pas consommer de Kitniott durant Pessah’ - se marie à un Séfarade qui n’a pas l’usage de s’interdire leur consommation, et que cette femme désire à présent se conformer à l’usage de son mari Séfarade qui consomme des Kitniott durant Pessah’, elle est tout à fait autorisée à le faire. Il est quand même souhaitable qu’elle procède au préalable à une Hataratt Nédarim, afin de pouvoir consommer des KITNIOTT avec son mari, conformément à la tradition Séfarade.

(On procède à Hataratt Nédarim pour tout bon usage que l’on a mis en pratique au moins 3 fois consécutives et que l’on désire cesser. Dans ce cas, il est interdit de cesser cet usage sans procéder à la Hataratt Nédarim.)

Si c’est son mari qui lui demande consommer des KITNIOTT, mais qu’elle désire garder l’usage des ses parents, elle a le devoir d’écouter son mari en cessant l’usage de ses parents et en acceptant sur elle celui de son mari, car sinon, l’équilibre du couple est en péril. (Halacha Yomit)