Venir prier dans le périmètre d’une personne qui est assise


Nous avons expliqué il y a quelques jours l’interdiction de s’asseoir à proximité d’une personne qui prie la ‘Amida.

Nous avons écrit que cela représente une totale interdiction dès lors où l’on s’assoit devant la personne qui prie ou à ses côtés.

Si l’on désire s’asseoir derrière la personne qui prie, il est également souhaitable de s’imposer la rigueur sur ce point et de ne pas s’y asseoir, mais ceux qui se l’autorisent ont sur qui s’appuyer.
Nous avons également expliqué les raisons à cette interdiction.

Cette interdiction de ne pas s’asseoir à proximité d’une personne qui prie possède une règle supplémentaire qui est celle de la personne qui vient prier dans le périmètre de quelqu’un qui est assis (« Ba Bi-Gvoulo »).

En effet, si quelqu’un est assis et qu’une autre personne vient prier la ‘Amida à proximité de lui, cette personne s’est introduite d’elle-même dans le périmètre de celle qui était assise à cet endroit avant elle. De ce fait, la personne assise n’est pas tenue de se lever et d’aller s’asseoir ailleurs.

Cette règle prend sa source dans la Guémara Bérah’ott (31b) où il est enseigné qu’il est interdit de « s’asseoir » à proximité d’une personne qui prie. Or, il n’est pas dit qu’il est interdit « d’être assis » à cet endroit.

Nous en déduisons que l’interdiction n’existe que lorsque l’on vient de soi-même s’asseoir dans le périmètre des 4 coudées (2 m) de la personne qui prie. Par contre, lorsque la personne qui prie vient elle-même se placer à proximité de quelqu’un qui est assis, celui-ci n’est pas tenu de se lever.
Il existe d’autres explications sur cette règle.

C’est ainsi que tranche notre maître le ROCH, ainsi que MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.102)

Cependant, le Gaon Rabbi Itsh’ak ABOUHAV écrit que même si selon le strict Din la Halah’a est tranchée selon l’opinion du ROCH selon qui il n’y a pas d’obligation de se lever lorsque la personne qui prie est venue d’elle-même se placer à proximité de quelqu’un qui est assis, il est souhaitable malgré tout de s’imposer la rigueur de se lever par mesure de piété.

En effet, il est humiliant pour une personne de rester assise alors que quelqu’un d’autre est occupé à prier, car cela peut s’interpréter comme un refus de prier.

De plus, c’est également humiliant pour la personne qui est venue se placer à proximité de quelqu’un qui est assis, car par ce fait, elle entraîne la personne assise à être confrontée à cette situation.

C’est pourquoi il est malgré tout souhaitable de se lever par mesure de piété même lorsque la personne est venue d’elle-même se placer à cet endroit pour prier.

Le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita ajoute que malgré tout, si la personne était assise derrière celle qui est venue se placer à cet endroit pour prier, il n’y a pas la moindre obligation de se lever, même par mesure de piété, car le fait de ne pas s’asseoir derrière une personne qui prie fait déjà l’objet d’une divergence d’opinions parmi les décisionnaires, et certains autorisent.

Par conséquent, même si l’on prend en considération l’opinion de ceux qui interdisent de s’asseoir derrière une personne qui prie au même titre qu’il est interdit de le faire devant elle ou sur ses côtés, malgré tout, lorsque c’est la personne qui prie qui vient elle-même se placer à proximité de quelqu’un qui est assis, il n’y a pas matière à s’imposer cette rigueur lorsqu’il s’agit de l’arrière de la personne qui prie.

En conclusion :

Même s’il est interdit de s’asseoir à proximité d’une personne qui prie la ‘Amida, malgré tout, si une personne est assise et que quelqu’un vient se placer dans son périmètre de 4 coudées (2 m), la personne assise n’est pas tenue de se lever. Cependant, celui qui s’imposera la rigueur sur ce point est digne de la Bénédiction.

Si une personne est assise et qu’une autre personne vient se placer devant elle pour prier, de sorte que la personne assise se trouve derrière celle qui prie, il n’y a dans ce cas là aucune obligation de se lever, et l’on peut rester assis même par mesure de piété.(Halacha Yomit)