Est-il permis de déchirer pendant Chabbat l’emballage aluminium qui enveloppe une gélule ou un comprimé


Question : Est-il permis de déchirer pendant Chabbat l’emballage aluminium qui enveloppe une gélule ou un comprimé, ou bien y a-t-il un interdit à agir ainsi, car lorsque l’on déchire l’emballage, l’écriture s’efface ? De même, doit-on obligatoirement veiller à essuyer correctement un verre avant d’y verser de l’eau chaude pendant Chabbat ?

Réponse : Les gélules ou comprimés fabriqués de notre époque sont enveloppés à l’usine sur un de leurs côtés d’une matière plastique, et sur l’autre côté d’une matière aluminium sur laquelle il est écrit le nom du médicament.

C’est pourquoi, il y a matière à débattre sur le fait de déchirer pendant Chabbat l’emballage de la gélule, car lorsque l’on va ouvrir l’emballage, l’écriture qui s’y trouve inscrite ne sera plus lisible, et il y a lieu de craindre à l’interdit d’effacer pendant Chabbat.

En réalité, l’interdiction d’effacer une écriture pendant Chabbat est un interdit de la Torah, mais ceci à la condition que l’on efface afin de réécrire. Mais lorsque l’on n’efface sans intention de réécrire, cela ne représente qu’un interdit érigé par nos maîtres qui ont décrété qu’un tel effacement est également interdit pendant Chabbat.

Il est certain que l’effacement d’une écriture se trouvant derrière l’emballage de gélules n’est pas considéré comme un effacement dans l’intention de réécrire.

Le sujet de notre question ne concerne donc que l’interdit d’effacer pendant Chabbat érigé par nos maîtres, mais il n’y a absolument pas le moindre risque de transgression du véritable interdit d’effacer selon la Torah.

Nous devons donc débattre à partir d’un principe cité de nombreuses fois par notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita à travers ses nombreux ouvrages, principe selon lequel lorsqu’une personne enfreint pendant Chabbat un interdit érigé par nos maîtres sans avoir de pensée particulière vers cet interdit (dans le langage de décisionnaires « Lo Mitkavène »), et aussi lorsque la conséquence de cette transgression lui est complètement égale (« Lo Ih’pate »), dans ces conditions, il y a matière à autoriser.

Voici un exemple :

Lorsqu’on verse de l’eau chaude dans un verre pendant Chabbat, et que ce verre n’est pas totalement sec, car quelques gouttes d’eau y sont encore présentent. Il faudrait apparemment craindre que l’eau chaude versée dans ce verre puisse cuire les gouttes d’eau restantes. A cause de cette crainte, certains décisionnaires écrivent qu’il faut absolument s’assurer que le verre est totalement sec avant d’y verser de l’eau chaude.

Mais notre maître le Rav Chlita pense qu’il n’y a pas d’obligation à cela, car il y a lieu de dire qu’étant donné que la personne n’a aucune intention de cuire ces gouttes d’eau se trouvant encore dans le verre, puisqu’elles sont considérées comme nulles en raison de leur quantité insignifiante vis-à-vis de l’eau chaude que l’on y verse, et de plus, la cuisson de ces gouttes ne relève pas d’une transgression d’un interdit de la Torah (pour une raison que l’on expliquera – avec l’aide d’Hachem – à une autre occasion), et il est complètement égal à cette personne que ces goûtes cuisent ou non.

Il n’y a donc là qu’un interdit érigé par nos maîtres, qui n’est strictement pas visé par la personne qui l’accomplit et dont la conséquence ne lui apporte aucune satisfaction.

Par conséquent, d’un point de vue Halah’ique essentiel, il y a lieu d’autoriser à ne pas sécher le verre des goûtes restées à l’intérieur.

Il en est de même concernant le fait de déchirer l’emballage de comprimés ou autres médicaments. Puisque la personne qui déchire l’emballage ne vise strictement pas l’effacement des lettres, et de plus, cette conséquence lui est complètement égale, il semble donc qu’il y a matière à autoriser la déchirure d’emballages de médicaments afin de pouvoir les utiliser pendant Chabbat.

C’est ainsi que tranche le Gaon Rabbi Chlomo Zalman OYERBACH z.ts.l comme le rapporte le livre Chemirat Chabbat Ké-Hilh’ata (page 519) où il est ajouté que même selon l’opinion des décisionnaires qui interdisent un cas similaire, malgré tout, en situation de maladie où l’on doit prendre des médicaments pour se guérir, l’essentiel est qu’il faut autoriser.

Malgré tout, la personne qui s’impose la rigueur de déchirer l’emballage depuis la veille de Chabbat en préparant le nombre exact de comprimés ou de gélules qu’elle aura besoin pendant Chabbat, cette personne est digne de la Bénédiction. En particulier, lorsqu’il s’agit de gélules ou comprimés qui ne sont pas nécessairement destinés à un malade.

En conclusion :

Il est permis selon le strict Din de déchirer l’emballage de comprimés ou gélules pendant Chabbat, même si le fait de déchirer l’emballage va engendrer l’effacement de l’écriture qui se trouve sur l’emballage. Toutefois, la personne qui s’impose la rigueur de déchirer depuis la veille de Chabbat, cette personne est digne de la Bénédiction.

Il est permis de verser pendant Chabbat de l’eau chaude dans un verre où se trouvent quelques gouttes d’eau provenant d’une utilisation antérieure, et il n’est pas obligatoire de sécher correctement le verre avant d’y verser l’eau chaude. (Halacha Yomit)