La plupart des parents font face à une situation difficile dans le domaine de l'éducation de leurs enfants. C'est peu dire que maintes fois, nous avons l'impression de ne pas parler la même langue ! Les choses les plus simples, auxquelles nous ne pensons même pas qu'il faille réfléchir pour les faire ne sont pas faites ; les mots les plus évidents qu'il faudrait dire à des moments précis ne sont pas dits ; les règles les plus élémentaires de savoir-vivre deviennent souvent l'objet de discussions sans fin.

Une génération perdue
À bien des égards, nous devons réaliser que notre génération est sans doute celle qui se situe le plus loin de la vérité, le plus loin de D-ieu. Prendre conscience de cela doit nous aider à mieux comprendre les raisons des difficultés que nous devons affronter. Il n'est pas logique d'admettre que notre génération est à un niveau spirituel extrêmement bas et en même temps s'étonner des problèmes importants qui existent dans le comportement des enfants. L'un est tout simplement la conséquence de l'autre.

Je reçois de nombreuses lettres de parents qui se désespèrent : “Mon fils ne veut plus rien faire ; il prend un chemin qui n'est pas le bon et en dehors de l'argent, rien ne semble l'intéresser !” ; “Ma fille à tout quitté ! Elle travaille comme serveuse dans un bar de Tel-Aviv, après avoir passé quinze années dans les écoles Beith Ya'aqov.” ; “Mon fils est devenu un véritable étranger pour moi : sa manière de parler, de s'habiller, ses copains… tout semble mal aller ! Que puis-je faire ?”

Qu'on l'accepte avec joie ou pas, nous devons réaliser que l'éloignement extrême de la vérité de notre génération nous interdit le plus souvent de donner des leçons aux autres.

Rien ne sert de citer les livres qui abondent et qui recommandent aux parents d'user de la morale (moussar) pour éduquer leurs enfants. Ces livres ont été écrits pour d'autres générations : celles où les parents étaient dans la majorité des cas à un niveau spirituel bien plus élevé que le nôtre et qui leur donnait la possibilité d'être des donneurs de leçon. Nous avons perdu depuis bien longtemps la capacité de tenir ce rôle. Cela ne signifie pas que nous nous retrouvons sans armes ; plutôt, nous devons nous adapter afin de nous comporter d'une façon qui correspond à notre niveau.

Si l'âge de la morale a disparu, nous devons sortir une arme encore plus puissante pour élever nos enfants, même si elle peut s'avérer parfois frustrante : l'amour, celui que nous devons ressentir pour nos enfants. Ce sentiment unique, nous devons l'afficher dans notre comportement quotidien et nous devons impérativement le faire percevoir par nos enfants. L'objectif est simple : ce que les générations précédentes obtenaient rapidement avec la morale, nous pouvons l'obtenir à plus long terme avec l'amour.

Le deuxième aspect essentiel de l'éducation des enfants consiste à impliquer Hachem dans notre tâche. Nous ne devons jamais penser que nous sommes les seuls responsables de notre progéniture. D-ieu aussi – si l'on peut parler ainsi – possède sa part à faire. Encore faut-il le savoir et… le Lui demander !

En résumé, les deux pierres fondamentales de l'éducation de nos enfants doivent être l'amour que nous leur portons et la présence d'Hachem entre eux et nous. Lors d'un prochain article, nous détaillerons les aspects pratiques de ces éléments essentiels.

Suite…

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