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Il est un devoir de faire un grand repas le jour de Pourim. Léh’atéh’ila (selon le Din à priori), il faut consommer du pain lors de ce repas. Le Rambam écrit (chap.2 des Halahkoth Méguila, Hal.15) : Comment devons-nous faire ce repas ? Il faut consommer de la viande et préparer un bon repas selon ses possibilités. Il faut aussi boire du vin jusqu’au stade d’être ivre pour aller ensuite dormir du fait de cette ivresse.

Le Meïri écrit (commentaire sur Méguila 7b) : On a le devoir de multiplier la joie le jour de Pourim, ainsi que de manger et de boire de façon consistante… Cependant, nous n’avons pas le devoir de boire au point de s’enivrer et de diminuer notre dignité aux yeux des autres. Nous n’avons pas le devoir de nous adonner à la débauche et à la débilité, mais seulement de nous réjouir du plaisir qui nous mènera vers l’amour d’Hachem et vers la reconnaissance pour les miracles qu’Il nous prodigue. Fin de citation de l’essentiel de ses propos.

À partir de ces propos, chacun doit tirer des conclusions. Même si l’on pense qu’il n’est pas dans notre nature d’entamer des paroles de Tora et de chants sacrés lors du repas de Pourim, malgré tout, « le faible doit se dire qu’il est fort » et commencer à adopter cette attitude au moins lors de ce repas de Pourim qui peut devenir un véritable repas de réjouissance de Mitswa et d’amour d’Hachem, mais qui peut aussi – H’ass Véchalom – devenir un repas vide de tout contenu et constitué uniquement de débilité et de futilité.

En agissant comme nous l’avons suggéré, chacun peut mériter de s’attirer le respect des autres et transformer l’aspect de son foyer en une maison où règne l’amour de la Tora et la Crainte d’Hachem.

Le Orkhoth 'Haïm écrit (Halakhoth Pourim note 38) que la halakha citée dans la Guemara (7b) selon laquelle « tout homme a le devoir de s’enivrer le jour de Pourim, au point de ne plus faire la différence entre « Arour Haman » et « Baroukh Mordéh’aï » - halakha tranchée également par Marann dans le Choulh’an ‘Aroukh (chap.695 paragr.2) – ne signifie pas qu’il faut s’enivrer, car l’ivresse représente un interdit formel, mais seulement boire plus qu’à son habitude.

Le Rama, ainsi que d’autres Posqim confirment cette explication. Le Gra (Le Gaon Rabbi Eliyahou de Vilna) écrit dans son commentaire sur le Choulh’an ‘Aroukh (chap.695) que le fait de boire plus qu’à son habitude, entraîne le sommeil dans lequel, nous ne sommes pas en mesure de faire la différence entre « Arour Haman » et « Baroukh Mordéh’aï ». Par ce moyen, on s’acquitte de l’obligation de boire ce jour-là.

Le Rachach (Rabbi Chémouel Chtersonn, commentateur de la Guemara il y a environ 150 ans) sur Méguila 7b, ainsi que d’autres posqim écrivent que dans le temps, ils avaient un Piyoutt (un poème liturgique) composé de strophes, à la fin desquelles il y avait une fois « Arour Hamann » et une fois « Baroukh Mordéh’aï.» Celui qui avait bu au point de ne plus savoir ce qu’il fallait répondre était quitte de son devoir de boire.

Le livre Rov Dagan explique qu’il ne s’agit pas d’inverser H’ass Véchalom entre Haman et Mordéh’aï, mais simplement de ne plus être en état de raconter le miracle de Pourim de façon claire.

Tel est l’usage de notre maître le Rav Ovadia Yossef z.ts.l. le jour de Pourim lors du repas : il ne s’enivre pas, mais boit simplement un peu plus qu’à son habitude, pour ensuite aller se reposer durant l’après-midi. Même ce jour-là, il ne s’autorise certainement pas de ne pas étudier la Tora, mais au contraire, il reste assis avec assiduité et étudie la Tora la nuit comme le jour.

Le mérite de l’étude de la Tora le jour de Pourim a une importance encore plus grande que les autres jours de l’année, car ce jour-là, très peu de personnes étudient la Tora puisque chacun se consacre à la réjouissance de Pourim et aux mitswoth du jour. Par conséquent, celui qui a le mérite d’étudier pendant ces heures où peu de monde étudie prendra la récompense de tous les autres.

Halacha Yomit

Dédié à la guérison de Joëlle bath Danielle

Rav Ovadia Yossef