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Voilà, comme lorsque l’on est amoureux, il y a la flamme, le besoin de tout faire ensemble, le moment où le ciel est bleu et où chaque instant est un feu d’artifice. Pour le noahisme c’est pareil, quelle joie de découvrir quelque chose qui répond enfin à mes questions ! De me faire des amis, d’écouter des enseignements aussi nombreux que riches, aussi riches que variés. Quelle merveille !

Au début, je me suis fâchée avec le monde chrétien. Oh je ne voulais pas me fâcher, c’est lui qui m’a rejetée. Impossible de lui faire entendre que ce que je soupçonnais depuis longtemps était en train de prendre forme, de s’étayer sur du solide. Ce messie qu’ils appellent « Jésus », il y a bien longtemps que j’avais découvert qu’il s’appelait autrement, pourquoi ce nom « Jésus » ou « Yezu » et bien d’autres dérivés ?

Moi, que j’aille visiter le Canada, l’Amérique latine, la Hongrie, la Sibérie, on m’appellera toujours sous mon vrai prénom, avec un accent bien sûr, mais je ne changerai pas de prénom, surtout pas. Alors pourquoi ce Jésus, l’appellerions-nous autrement que Yeshuah, son véritable prénom. Et lorsque j’ai voulu émettre l’idée qu’il était rabbin, qu’il s’alliait à l’école de Hillel, alors là ! Je me suis fait carrément « jeter » et hop.. tout le monde est parti. Je n’existe plus ou presque car je dois reconnaître qu’il me reste quelques amis.

Bref, cette histoire de Jésus /Yeshouah me « turlupinait ».. et après maintes nuits blanches et jour bien remplis, je me suis retrouvée « tombée en amour » de tout le monde juif rabbinique. Je me sentais chez moi, je les écoutais tous (j’exagère un peu mais le cœur y était). Ah quelle soif ! J’aurais bu encore et encore, je n’en finissais pas de me documenter, un vrai bonheur !

Bien sûr, ce Yeshouah je l’avais abandonné car finalement qui me disait qu’il était ce dont on dit qu’il était ? Et si je le priais et qu’il ne soit pas D-ieu ? J’étais idolâtre. Et si je ne le priais pas alors qu’il était D-ieu ? Je le trahissais. Quel dilemme !

Alors je me disais que dans le premier cas, j’étais en règle, et dans le second cas, il me pardonnerait sans doute en voyant la sincérité de mon cœur. Donc pour l’instant, on ne jette pas mais on met de côté.

Et les mois passent, je suis toujours à l’étude.

Et puis je vois avec étonnement les mouvements noahides se tourner imperceptiblement vers le sionisme, ce qui est une bonne chose mais je crains que cette passion pour le sionisme prenne un tout petit peu la place d’Hachem. Enfin, c’est ma perception mais à mon âge, j’ai développé un 6e sens ; sens que je cultive avec soin.

Du coup j’ai peur de me « dépassionner » pour me « repassionner » autrement. Et puis utiliser l’hébreu à tour de phrases, moi ça m’énerve, j’essaie de me calmer et plus je me calme plus ça m’énerve. Bien sûr, j’aime l’hébreu, il y a longtemps que j’essaie de l’étudier, de l’utiliser aussi mais oui mais non… ça m’énerve. Il faut dire que… il me reste quelques défauts.

Et puis, la passion ayant fait place au questionnement, voilà que je me replonge sur l’histoire de ce fameux Yeshouah.

Mais pourquoi m’interdirais-je de supposer qu’il a bel et bien existé ? Pourquoi rejetterais-je l’historique ? Pourquoi devrais-je adhérer à une quelconque religion et m’interdirais-je de creuser le sujet et de considérer que cela me mènera de toutes façons quelque part ?

J’ai reçu depuis l’enfance cette menace, la foi ou l’enfer. Du coup j’ai été formatée « foi » de peur de l’enfer. De même que tous les chrétiens se privent de la liberté d’étudier et de se documenter… parce que l’enfer fait peur, et il y a de quoi.

Comment Hachem pourrait-il me punir d’utiliser mon intelligence ? Une intelligence qu’Il m’a donnée lui-même. Pourquoi pourrait-Il me punir de venir devant Lui les mains vides mais avec le seul désir qu’Il les remplisse et me dévoile Sa vérité ?

Peut-être dans vingt ans chercherai-je toujours ? Peut-être n’aurai-je jamais la réponse à mes questions ; mais aujourd’hui je suis en paix car je déduis de toute mon expérience que tous les mouvements ont quelque chose de bon, voire de très bon.

Le judaïsme est le seul à pouvoir m’enseigner, j’en suis certaine. Le noahisme m’a apporté une stabilité, a été un repère et un guide vers les enseignements rabbiniques et le rapprochement avec Hachem et je lui en suis reconnaissante, j’y découvre des personnes que j’aime et que j’admire même, de belles âmes.

Le christianisme est ce qu’il est, peut-être est-ce une étape nécessaire à certains pour chercher et trouver.

« Celui qui cherche trouve » mais celui qui ne cherche pas a moins de chance de trouver. Je me battrai encore et encore car mon avenir est auprès d’Hachem, pas ailleurs.

Zoé Salet, Bath Noa'h