Voici la traduction exclusive en français d'une des leçons les plus connues de Rabbi Na'hman de Breslev. Il s'agit de la leçon 282 du Likouté Moharan (vol. I). Selon la tradition breslev, cet enseignement est appelé “Azamra” (“Je chanterai”). Les thèmes principaux représentent les fondements de la pensée breslev : juger les autres – et soi-même – avec le bénéfice du doute et trouver des aspects positifs chez les personnes qui nous entourent et en nous-mêmes.

En présentant la première partie de cette traduction à l'approche de la fête de Chavou'oth (le don de la Tora), nous voulons indiquer de la sorte l'importance de la joie dans notre relation avec D-ieu. Cette joie – quotidienne et qui dépasse la nature des évènements qui nous touchent – est possible uniquement si nous trouvons des aspects positifs en nous-mêmes et en les autres.

Je demande avec insistance à toutes les personnes atteintes par la tristesse, la dépression, la faible estime d'elles-mêmes – que D-ieu nous préserve – de lire avec une extrême attention cette série d'articles. Je recommande également à tout le monde de rédiger les questions qui ne manqueront pas de venir à l'esprit à leur lecture. Ces questions peuvent m'être adressées et seront répondues avec la première priorité.

Si vous n'êtes pas prêts-es à faire cela pour vous, faites-le pour votre conjoint, vos enfants…

Leçon 282 du Likouté Moharan

“Sachez que nous devons juger chaque personne avec le bénéfice du doute. Même en ce qui concerne une personne qui est entièrement méchante, nous devons chercher en elle un minimum de bien. Dans ce peu de bien, cette personne n'est pas mauvaise. Grâce à cela – qu'il existe en elle un peu de bien et que nous la jugeons avec le bénéfice du doute – nous l'élevons véritablement au bénéfice du doute et nous lui permettons de se repentir.”

“Cela correspond à ce qui est écrit dans le verset (Psaumes 37:10) : “Encore un peu, et le méchant ne sera plus; tu observeras sa place, il en aura disparu.” Ce verset nous prévient qu'il faut juger tout le monde avec le bénéfice du doute. Même si nous constatons qu'une personne est entièrement mauvaise, nous devons néanmoins chercher et tenter de trouver en elle un minimum de bien. C'est grâce à ce dernier que cette personne n'est pas méchante. Le verset cité précédemment se lit ainsi :

“Encore un peu, et le méchant ne sera plus” : Nous devons tenter de trouver “un peu” de bien qui se trouve tout de même en cette personne. C'est grâce à lui que cette personne n'est pas méchante. Ainsi, malgré le fait qu'elle soit méchante, comment se pourrait-il qu'elle n'ait pas néanmoins en elle un minimum de bien ? De fait, comment se pourrait-il qu'elle n'ait pas fait de toute sa vie au moins une mitswa ou quelque chose de bien ?”

“Grâce à cela – que nous trouvons cependant en elle un minimum de bien grâce auquel elle n'est pas méchante et que nous lui accordons le bénéfice du doute – nous l'élevons véritablement de sa position désavantageuse pour lui accorder le bénéfice du doute. C'est cette attitude de notre part qui peut lui permettre de se repentir.”

“Ainsi, “encore un peu et le méchant ne sera plus.” Parce que nous trouvons “un peu” de bien, grâce auquel il n'est pas méchant :

“Tu observeras sa place, il en aura disparu” : cela signifie qu'en observant et en réfléchissant à sa place et à son niveau, “il aura disparu” de la place où il se trouvait. Grâce au fait que nous trouvons néanmoins en lui un minimum de bien – un aspect positif et que nous le jugeons selon le bénéfice du doute – nous le faisons sortir de sa position désavantageuse pour lui accorder le bénéfice du doute. Ceci est la signification de “tu observeras sa place, il en aura disparu”

Comprenez cela.

Suite…

Dédié à l'élévation de l'âme de Sandra bath Esthelle

Rabbi Na'hman de Breslev