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« Et le Seigneur avait inspiré pour ce peuple de la bienveillance aux Égyptiens pour qu'ils lui prêtent ce dont il avait besoin, de sorte qu'il dépouilla les Égyptiens. » Exode, 12:36 

Afin d'atteindre la véritable richesse – celle qui est marquée par la Sainteté – un passage par son opposée – la pauvreté – est nécessaire. La pauvreté à laquelle nous faisons référence, n'est pas forcément une pauvreté matérielle. De fait, une personne qui possède des millions peut être pauvre ! Dans notre contexte, la personne qui est pauvre est celle qui n'est pas imbue d'elle-même.

Si nous qualifions une telle personne de pauvre, c'est qu'elle possède plusieurs point communs avec les véritables pauvres. Absence de trop de confiance en soi, prise de conscience de son état de dépendance par rapport à d'autres individus, ignorance à propos de quoi sera fait le lendemain...

À l'opposé, la personne qui est riche – mais sous l'emprise des forces du mal – est celle qui pense avoir toujours raison, n'avoir besoin de personne, être à la base de son succès... Cette personne est pleine et riche... d'elle-même, mais en même temps, tellement loin de la vérité.

C'est à cette richesse de la Sainteté que faisait référence le Roi David lorsqu'il proclamait (Psaumes 86:1) :

« Je suis pauvre et malheureux. »« Je suis pauvre et malheureux », car il revient à chaque personne de comprendre la véritable nature de la pauvreté en ce monde. Aucune personne peut se prétendre « riche » devant le Créateur, même si elle pense être un grand Juste. N'est-il pas écrit (L'Écclésiaste 7:20) : « Il n'est pas de Juste sur terre qui fasse le bien sans jamais faillir. » Que devons-nous alors dire des autres personnes de ce monde, toutes celles qui sont conscientes de ne pas encore avoir atteint des niveaux élevés de Sainteté ?

C'est pour cela que nous ne devons pas penser que la plus simple tranche de pain ou que le plus petit verre d'eau dont nous disposons pour nous rassasier ou pour étancher notre soif ont été mis à notre disposition en tenant compte de nos actions en ce monde, qu'à D-ieu ne plaise ! Plutôt, nous devons prendre conscience que tout ce dont nous disposons nous a été donné grâce au 'Hessed (amour) que le Maître du monde éprouve à notre égard. Alors, nous pouvons ressentir la véritable pauvreté, c'est-à-dire celle où nous savons que tout dépend de la Volonté divine et qu'absolument rien nous est dû.

En un instant, tout ce qui compose l'environnement matériel d'une personne peut disparaître (à cause d'un vol, d'une faillite...), tandis qu'un individu qui ne dispose de strictement rien peut se retrouver en une seconde à la tête d'une fortune colossale (héritage, gain au loto...)

Dans tous les cas, nous ne devons pas oublier que c'est Hachem qui décide de notre sort. Quant à nous, il nous revient seulement l'obligation de faire notre part (dans les domaines spirituel et matériel) pour ne pas courir le risque d'être considéré comme fautif. Si cette obligation est un aspect essentiel dans notre vie, nous deons ensuite penser qu'adviendra ce qu'adviendra.

C'est seulement la personne qui reconnaît son entière dépendance par rapport à D-ieu qui peut se sentir réellement riche et qui est par conséquent, toujours contente de son lot. Nous viendrait-il à l'esprit de penser que le Créateur est injuste à notre égard ? Que D-ieu nous protège d'une telle pensée !

Peu avant de quitter l'Égypte, les Juifs étaient entièrement démunis matériellement. Pourtant, lorsqu'ils quittèrent ce pays, ils détinrent des richesses sans fin. Dans les deux cas, ils savaient que tout dépendait de la Volonté divine et c'est la raison pour laquelle ils étaient riches en Sainteté, avant leur départ, comme après. Puissions-nous nous rapprocher le plus possible de la véritable richesse : la richesse en Sainteté !

(Traduit et adapté de Rabbi Nathan, Likouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Halakhoth Méguilla, 6:11-12)

Dédié à la guérison de José ben Deborah

Rabbi Nathan de Breslev