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« Tandis que Pharaon approchait, les enfants d'Israël levèrent les yeux et voici que les Égyptiens étaient à leur poursuite ; remplis d'effroi, les enfants d'Israël jetèrent des cris vers l'Éternel. » Exode 14:10 

Cela correspond à ce qui est écrit dans le Cantique des Cantiques (2:14) : « Ma colombe, (…) laisse-moi voir ton visage, entendre ta voix, car ta voix est suave et ton visage gracieux. » Selon Rachi, ce verset fait référence à la sortie d'Égypte des Juifs et plus précisément, à l'instant où Pharaon était à leur poursuite.

La vérité est que les Juifs se trouvaient bel et bien dans une situation désespérée. Devant eux se trouvait la mer qui leur empêchait de continuer à avancer et derrière eux, l'armée égyptienne qui désirait les annihiler. Aucune possibilité de s'échapper, ni à droite ni à gauche, aucun espoir d'être sauvés... tout semblait perdu.

Que signifie le verset du Cantique des Cantiques qui représente l'appel qu'Hachem fit aux Juifs à cet instant crucial ?

Sans doute, le Maître du monde voulut voir vers qui le Peuple d'Israël allait se tourner afin d'être sauvé. En d'autres termes, lorsque la douleur est grande et que le désespoir s'empare de nous – qu'à D-ieu ne plaise – le Créateur attend avec impatience qu'on s'adresse... à Lui car en ces instants, notre « voix est suave.»

Cette situation impossible qui était celle des Juifs lors de leur sortie d'Égypte et celle que connaît chaque individu, un jour ou l'autre dans sa vie. Plus particulièrement, ces obstacles qui parraissent insurmontables surgissent le plus souvent lorsqu'on a décidé de se rapprocher de D-ieu.

La décision qu'une personne prend pour renouer avec ses racines déclenche régulièrement la colère des forces du mal et de leur armée. Cette armée est symbolisée par celle de Pharaon et comme elle, l'assaut qu'elle mène laisse très souvent sa victime dans un grand désespoir.

Pendant l'attaque, toutes les ruses sont permises pour faire perdre pied à celui ou à celle qui a eu le courage de se souvenir de son illustre passé : celui du Peuple juif. Tout est fait pour lui faire rebrousser chemin et continuer à vivre en restant loin du Maître du monde.

De fait, lorsque les difficultés augmentent, lorsque les problèmes se suivent les uns après les autres, les confusions de l'esprit assaillent la victime ; celle-ci perd de vue la direction précise vers laquelle elle avait décidé d'aller. Lorsque cette situation se concrétise, la victime vit exactement ce qu'on vécu les Juifs lors de leur sortie d'Égypte.

Ceci est une règle générale : tout individu qui a décidé de faire un pas dans la bonne direction – celle du Divin – est l'équivalent des Juifs lors de leur sortie d'Égypte. La raison est que l'aspect essentiel de la sortie d'Égypte est de se libérer des forces du mal et de l'impureté spirituelle.

Peu importe ce que chaque individu essaie afin d'éviter ce genre de situations, les épreuves qu'il traverse durant sa vie le mettront face à des situations semblables à celles des Juifs lors de leur sortie d'Égypte. C'est à cela que nos Sages ont fait allusion lorqu'ils ont dit que « dans chaque génération, chaque personne doit considérer qu'elle est elle-même sortie d'Égypte. »

Ainsi, lorsqu'une personne est entourée d'obstacles, de souffrances et que tout semble perdu, le seul remède consiste à « jeter des cris vers l'Éternel. » C'est en exprimant notre dépendance entière envers Hachem que notre salut peut venir. Alors, la voie s'éclaicira et les nuages se dissiperont pour laisser la place à un sentiment précieux : celui du rapprochement avec le Divin. Heureuse la personne qui vit cet instant ; c'est elle qui connait le vrai bonheur et la véritable joie.

(Traduit et adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Likouté Halakhoth, Yoré Déah, Halakhoth Chiloua'h HaQen, 4:5)

Dédié à la guérison de Meir ben Sarah

Rabbi Nathan de Breslev