“Elle n'est pas dans le ciel, pour que tu dises : 'Qui montera pour nous au ciel et nous l'ira quérir (…) ?' Elle n'est pas non plus au-delà de l'océan (…) Non, la chose est tout près de toi : tu l'as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l'observer !” (Devarim 30:12-14)

Rachi explique : “Car si elle avait été dans le ciel, vous auriez dû aller la chercher.” Cela est la même chose si elle avait était “au-delà de l'océan.” Nous aurions dû aller la chercher. De fait, l'enthousiasme qui devrait résider dans notre cœur pour le Service divin devrait être sans limites et aucun obstacle ne devrait nous effrayer. Peu importe si Hachem nous demandait de monter jusqu'au ciel : notre cœur serait le premier à vouloir s'y rendre ! Pour lui, le service que nous faisons ici-bas n'est pas suffisant.

Cependant, si telles étaient les exigences du Maître du monde, nous risquerions de… ne rien faire du tout, que D-ieu nous préserve. C'est à propos de ce grave danger que la Tora nous met en garde et nous enseigne un chemin que chaque personne peut emprunter, une voie qui ne se trouve pas dans le ciel.

Hachem ne se présente pas à nous en formulant des reproches et des critiques. Il sait parfaitement qu'Il n'a pas donné la Tora à des anges. Cela signifie également qu'il n'existe pas une seule chose dans la Tora pour laquelle nous pouvons nous exclamer : “Cela n'est pas pour moi ! Je ne peux tout simplement pas faire cela pour servir D-ieu !”
Entre potentiel et réalité
En vérité, Hachem sait pertinemment que s'Il nous avait demandé de monter au ciel – c'est-à-dire de Le servir d'une façon extrêmement élevée – nous aurions dû le faire. N'est-il pas approprié pour l'homme de servir le Créateur d'une façon totale et absolue ? C'est ce type de service qui est comparé au ciel car il est très élevé.

Cependant, Hachem désire le bien de tout le monde. Il est le premier à connaître l'importance que nous accordons le plus souvent à nos désirs matériels. Également, Il connaît le mauvais instinct qui réside dans notre cœur et qu'il est impossible pour le commun des mortels de commencer à Le servir d'une façon extrêmement élevée, de “monter au ciel.”

De plus, même après qu'une personne ait emprunté le chemin du Service de D-ieu, elle n'atteint pas toujours un niveau très élevé. C'est pour cela que si Hachem ne désirait pas accepter le service fait en toute simplicité des personnes kachères ordinaires, la majorité d'entre nous aurait alors perdu tout espoir.

Ainsi, la Tora nous enseigne qu'elle ne se trouve pas dans le ciel, c'est-à-dire qu'elle est trop difficile à suivre. Les versets cités ci-dessus se terminent en disant : elle “tout près de toi : tu l'as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l'observer.”

(Traduit et adapté du Likouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Yoré Dé'a, Hilkoth Teroumoth ouMa'asseroth, 3:10)

Dédié à la guérison de Alisa bath 'Hanna

Rabbi Nathan de Breslev