(Ceci est la dixième et dernièr partie d'un texte rédigé par le Rav Israël Salanter. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

De la même manière que la création de l'homme a été faite avec une sagesse infinie, c'est-à-dire ce lien qui relie le spirituel au matériel, construction d'un corps avec sa myriade de forces organiques et spirituelles, toutes ses innombrables forces étant placées en lui sans limites, ainsi, Il a placé en lui une force qui s'appelle la peur qui va protéger son corps de toute agression extérieure.

Mais par Son infinie sagesse, Il a placé cette peur dans la nature de l'homme de façon limitée s'arrêtant à une peur matérielle tournée vers son âme animale, instinct de conservation l'empêchant de générer une crainte des Cieux et une peur de la punition qu'elle soit matérielle ou spirituelle. Ainsi, toute chose qui est susceptible d'obliger un homme à faire le Service divin comme la peur de mourir, n'est pas insérée dans la nature humaine afin que le libre-arbitre puisse agir, complètement indépendant.

Par conséquent, le fait que cette sorte de crainte soit exclue de la nature humaine a pour conséquence que l'esprit ne peut l'appréhender par le raisonnement. Cela est une énergie complètement spirituelle provenant de Sa sagesse et de Sa puissance infinie. Aucun raisonnement, aucune réflexion intellectuelle ne pourra percevoir cette énergie, la réveiller et l'amener à un état de pulsion électrique physique afin de la faire résider en son sein. Ainsi, l'homme reste vide et son cœur est creux de cette Crainte divine.

Cependant, cette crainte du Ciel et cette peur de la punition sont essentielles dans la progression spirituelle de l'homme car cette crainte est le début de la sagesse et précède celle-ci car grâce à elle, l'homme devient plus fort pour combattre la guerre contre le mauvais penchant. Cette crainte des Cieux qui est cette peur de la punition est la clef qui ouvre les portes extérieures de la Dimension divine afin de garder et d'accomplir toute la Tora et les mitswoth.

Chaque personne qui veut se rapprocher doit, avant tout, acquérir la crainte de D-ieu et percevoir la peur de la punition.

Pour cela la Sagesse supérieure a compris qu'il fallait transmettre à l'homme cette crainte de la Présence divine afin que son libre-arbitre puisse l'appréhender et ainsi pouvoir la développer selon sa propre volonté et la dominer et ainsi avoir le choix de développer cette crainte ou non.

De la même manière que D-ieu a pu empêcher cette crainte de se diffuser en l'homme en tant que nature ainsi il a le pouvoir d'ouvrir devant l'homme les portes de l'espoir et placer en lui une force spirituelle qui pourra recevoir cette Crainte divine si sa volonté profonde est de rechercher cette crainte et de développer une force par une peine sans relâche pour l'atteindre.

Grâce à cela, son libre-arbitre restera intact car s'il veut se relâcher, automatiquement cette crainte ne se diffusera plus en lui et il redeviendra ce qu'il était, vide et creux de Crainte divine. En fait cette crainte est une source spirituelle qui ne peut s'épancher que par une volonté extrême continue et ainsi le libre-arbitre est au contraire le déclencheur de cette crainte. Mais cette vanne ne peut être ouverte que par une volonté forte et réelle et alors se dévoilera à ses yeux cette crainte et toutes les lois qui en découlent pour ainsi accomplir la Tora et toutes ses mitswoth.

Cette volonté n'est pas quelque chose de simple et enfantin. Il faut développer une véritable volonté. Par exemple tellement désirer cette crainte jusqu'à ne plus pouvoir dormir, en perdre l'appétit, ne penser qu'à cela jour et nuit. Se réveiller avec cette envie et s'endormir avec.

Fin.

Dédié à la guérison de Yoann ben Françoise

Rav Israël Salanter