(Ceci est la huitième partie d'un texte rédigé par le Rav Israël Salanter. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

En vérité, ce vent de crainte qui souffle sur l'homme vient de l'au-delà de l'esprit humain et ne peut être appréhendé par aucune idée issue de cet esprit aussi pure soit-elle. Car ce n'est que vers D-ieu qu'il faut diriger ses pensées comme nous allons l'expliquer plus tard.

Le Rambam explique que le libre-arbitre qui est dans la main de l'homme est un grand principe. C'est la colonne de voûte de toute la Tora et des mitswoth.

Car rien ne peut forcer l'homme, ne peut décréter sur lui et l'attirer dans un chemin si ce n'est qu'il l'ai décidé de son plein gré car si D-ieu avait décrété sur l'homme qu'il soit juste ou mécréant ou qu'il y ai quelque chose depuis sa naissance, enfouie au plus profond de sa nature qui puisse l'attirer vers la piété ou vers la perversité, quel aurait été le sens de toute la Tora et selon quelle loi et selon quel jugement pourrait-on faire payer le mécréant ou bien donner son bon salaire au juste?

D-ieu a placé la punition et des jugements redoutables pour ceux qui transgressent sa volonté ; cependant si par la connaissance de cette vérité, cela faisait grandir la punition, (s'il n'écoute pas la Voix divine et ne ressente pas la terreur de ses jugements), cela serait compréhensible ; cependant pourquoi aurait-il droit à la récompense pour ses mitswoth ? Car en fin de compte, il n'agit que par la contrainte car la peur va inhiber sa force de libre-arbitre et va l'obliger à aller dans le chemin du bien.

Qu'est-ce que cela fait si cette tendance au bien ne soit pas une nature en soi si du fait de cette peur de la punition, cela va l'obliger à choisir le bon chemin ? N'y a t-il pas plus grand empêchement au libre-arbitre que la peur du châtiment ? Avoir toujours le bâton au-dessus de la tête ? Où est alors le libre-arbitre et comment peut-on recevoir un salaire pour nos bonnes actions ?

Mais il faut comprendre que cette crainte des cieux n'est d'aucune façon implantée dans la nature du cœur de l'homme. Elle est complètement séparée indépendante de sa nature. La peur du châtiment céleste et de ces jugements n'altèrent en aucun cas son libre-arbitre. Celui qui peine pour acquérir cette crainte qui va diriger l'homme vers les chemins qui le mènent au bien, en fait par cette peine qu'il génère, va créer en lui une nature qui est le fruit de son labeur et par cela, aura le mérite de recevoir un salaire juste et équitable.

Il va développer en lui une sorte de "supra-mental" qui va générer cette peur du Divin. Ce n'est que lorsque ce "supra-mental" est réveillé que cette peur pourra se diffuser en lui. Ce supra-mental ne pouvant se révéler qu'en mettant en veille le "mental".

Il y a une question qu'il faut se poser : pourquoi le fait d'acquérir cette crainte ne va-t-elle pas altérer les lois du libre-arbitre ? Quelle différence avec la peur matérielle ?

Suite...

Dédié à la guérison de Ya'aqov ben Yaelle

Rav Israël Salanter