(Suite du voyage en direction de Kielce, Pologne. Pour lire les articles précédents, cliquez ici.)

Aujourd’hui en 2010 la population dépasse les 206 000 habitants pour une superficie de plus de 100 km2.

Oswiecim a une superficie de 30 km2 avec plus de 43 000 habitants (dont une juive).

Chelm a 35 km2 de superficie avec plus de 67 000 habitants.

Dans le train de Cracovie à Kielce, j’étais terriblement stressée.

L’hôtel réservé ne se trouvait pas trop éloigné de la gare.

Dans mon esprit Kielce étant un village, je ne trouverais pas de taxi devant la gare.

Le train avait pris du retard, n’étant informée je me fiais à l’horaire du train.

Je descendis sur le quai, persuadée d’être arrivé dans le village « Kielce ».

Par réflexe, je m’informai si nous étions bien à Kielce.

J’eus juste le temps de remonter dans le train.

Où étais-je ? Je n’eus pas le temps de voir le nom de ce village.

Lorsque j’arrivai enfin à destination, en sortant de la gare, je compris qu’il s’agissait d’une ville.

Les réservations d’hôtels sont pratique, cela peut réserver des surprises.

Il s’agit d’un hôtel annexé à un club sportif.

Ce genre d’hôtel me rappelait certains autres endroits, il y a plusieurs décennies en Roumanie et en Hongrie.

Un petit goût de bolchevisme, derrière une façade plus moderne. Puisque j’étais à Kielce, autant faire connaissance avec cette ville.

La réceptionniste de l’hôtel très aimable me conseilla.

Elle me demandait si je voulais commencer la visite par la rue Planty (rue où se déroula le pogrom).

Non, mon intention n’étais pas de faire un pèlerinage mais bien visiter la ville et aussi les anciens quartiers juifs. Voir ce qu’ils étaient devenus.

Un immense chantier est en cours dans la ville. Je commençai la visite à pied.

Quelques informations trouvées dans le guide : les Juifs polonais, confirmés par la réceptionniste me donnait la direction à suivre.

Le temps a passer depuis la terrible journée du 4 juillet 1946.

Lorsqu’on se rendit compte que j’étais juive et surtout intéressée par la ville, je dois l’avouer l’accueil fut fraternel et chaleureux.

Je pensais, les protagonistes sont certainement morts. Cela aide !

Je terminais la visite en taxi.

Les informations trouvées dans le guide de référence étaient dépassées. Guide publié en 2002. Nous sommes en 2010.

Certains endroits avaient totalement disparus.

Certaines rues ont gardées un petit air d’ancien quartier juif.

Il reste la grande synagogue. À cause des travaux, il ne fut pas possible de s’arrêter. Je l’ai aperçue.

Nous cherchions des vestiges. Il n’y avait plus de traces du passé juif de Kielce.

Y a-il des juifs vivant à Kielce ? J’en doute. Il me restait à me nourrir.

Après un repas frugal, je fis un dernier tour. Du côté de l’hôtel. Il faisait un froid de canard.

Derrière ce complet sportif, je fus attirée par une rue.

La mémoire collective juive nous conduit là où nous devons aller.

Je vis une plaque au loin placée sur la façade d’une maison. Cette rue peu éclairée dans le centre de la ville avait un quelque chose d’effrayant.

Lorsque je vis le nom de la rue : PLanty, je compris Je me trouvais devant l’endroit où c’était déroulé le pogrom.

Il fut difficile de rester et tout autant de repartir.

Je me trouvais en mode « pause.»

La nuit que je passais dans cette chambre au confort plus que rudimentaire fut troublée.

Au moindre bruit je sursautai.

Je notais sur le vif quelques lignes :

Kielce, oh Kielce. Tu m’as tant angoissé.

Je te voyais petite, sale, misérable. Je te découvre charmante.

Ton charme est discret.

Voici ce que dit le guide :

Une promenade au centre ville.

Les alentours de la rue Nowy Swiat, décrite il y a peu de temps encore comme enclave de la « Kielce juive » garde peu de souvenirs actuellement : quelques vieilles maisons. Cependant le lotissement Sady actuel mérite une promenade.

Il n’existe plus rien à cet endroit !

Les petites rues du centre Orla, Kozai, Cicha, sont les plus captivantes. Au 4 de la rue Slowackiego s’élève toujours la maison de prière de Herszel Zagajski. Elle sert aujourd’hui d’entrepôt.

Il me restait à découvrir Lublin. Saura-t-elle me charmer ? Serais-je déçue ou troublée ?

Suite...

Chantal Maas