La reconstruction de l'Allemagne passant par la création aryenne « pure », un décret fut promulgué en 1933 peu après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir.

« Qui est Juif ? » se demanda le Ministère de l'Intérieur du Troisième Reich. Cela concernait moins les Juifs eux-mêmes, reconnus comme des « impurs », que de déterminer ceux qui, bien que possédant du sang allemand, étaient assimilables aux Juifs ou avaient « rejoint leurs rangs.»

À la différence de la limpieza de la sangre, la discrimination des Juifs ne s'exerçait pas sur leur religion, mais sur leur « race » supposée. La conversion d'un Juif au christianisme ne suffisait pas à le mettre sur le même pied qu'un Aryen encore qu'un Aryen antérieurement converti au judaïsme pouvait se « laver » de son statut de Juif en se faisant baptiser.

Toutefois, et bien que présentée comme telle par le parti nazi, la définition que donnait l’Arierparagraph d'un « Juif présumé » n'était pas fondée sur des critères « raciaux », mais sur l'appartenance à la religion judaïque.

Le décret Lösener fut promulgué le 14 novembre 1935, peu après les lois de Nuremberg. Y était définie comme juive toute personne qui :
• Avait au moins trois grands-parents juifs (c'est-à-dire eux-mêmes Juifs « intégraux » ou « aux trois quarts.»)

• Ou bien avait deux grands parents juifs et, de plus :

• Appartenait à la communauté religieuse judaïque à la date du 15 septembre 1935 ; ou bien :

• Était à la même date mariée à un Juif ou à une Juive, ou contracterait ultérieurement un tel mariage ou encore :

• Était née d'un mariage où l'un des époux était soit Juif « intégral » soit Juif « aux trois quarts ». Si ce mariage avait eu lieu après la mise en vigueur de la Loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand (interdiction aux Juifs d'avoir des relations sexuelles ou de se marier avec un Aryen, de posséder un domestique aryen âgé de moins de 45 ans, également édictée le 15 septembre 1935) ; ou encore :

• Était enfant illégitime né après le 31 juillet 1936 de relations extra-maritales dont l'un des partenaires avaient été un Juif ou un Juif « aux trois quarts.»
Était définie comme non-juive mais Mischlinge (métissé) toute personne qui :

• Avait deux grands-parents juifs mais,

• N'appartenait pas à la communauté religieuse judaïque à la date du 15 septembre 1935 ou avait antérieurement cessé d'y appartenir, et qui n'y adhérait pas ultérieurement, et de plus :

• N'était pas à cette date mariée à un Juif ou à une Juive (ou avait cessé de l'être), et qui ne contractait pas ultérieurement une telle union.

• N'ayant qu'un Juif parmi ses grands-parents.
Un règlement subséquent du ministère de l'Intérieur classifia les Mischlinge du premier paragraphe comme « Mischlinge au premier degré », ceux du second paragraphe comme « Mischlinge au second degré ».
La définition du Juif concernait donc moins l'ascendance juive que l’influence juive.

On n’en veut pas aux juifs, « parce qu’ils sont juifs » mais parce qu’ils sont :
• Sales, avides, âpres aux gains.

• Portent des papillotes.

• Parlent un jargon (yiddish), parce qu’ils ne s’assimilent pas mais aussi parce qu’ils s’assimilent facilement, cessent de parler leur jargon, sont :

• Proprement vêtus. Parce qu’ils ont de grands nez aussi parce qu’ils sont parfois impossibles à reconnaître...

• Parce qu’ils ont crucifié le Christ pratiquent des meurtres rituels (matza fabriqués avec du sang d’enfants chrétiens. La matza en polonais se dit : Maca, est en vente livre dans les magasins non-juifs y compris à Oświęcim. Y compris les « Maca » Kosher en vente dans les magasins Savia à Oświęcim.

• Ils sont plongés dans le Talmud et aussi parce qu’ils sont athées et qu’ils rejettent leur propre religion.

• Parce qu’ils sont banquiers et capitalistes.

• Communistes et agitateurs.

• Les femmes juives sont des femmes faciles voleuses d’hommes.

Mais en aucun cas parce qu’ils sont juifs.

La croyance du déiste à alimenter l’antisémitisme. La peur est au cœur de cette haine. Si les Juifs ont tué Dieu, ils doivent avoir des pouvoirs surhumains voire démoniaques. La Kabbale est la preuve de ce pouvoir démoniaque.

Un proverbe dit : celui qui veut noyer son chien l’accuse de rage.

Il faut reconnaître que personne n’aime son réveil matin. Les juifs sont les réveils matin de l’Humanité.

Anne Franck note dans son journal en date du 11 avril 1944 :

« Qui sait, c’est peut-être de notre religion que le monde et tous les Peuples apprirent le Bien et pour cette seule raison, nous souffrons aujourd’hui.»

Adolf Hitler :

« Nous luttons contre la plus ancienne malédiction que l’Humanité se soit lancée : contre les prétendus Dix Commandements.»

« C’est contre cela que nous luttons.»

Himmler : « Il y a deux (les Aryens et les Juifs) peuples élus. Un des deux est de trop.»

L’antisémitisme n’est malheureusement pas seulement un sentiment que tous les non-juifs ont de temps en temps, mais aussi, et c’est cela qui compte, un sentiment dont la plupart n’ont pas honte !

© Chantal Maas , Ohptizine – Oświęcim – Auschwitz 2009
La psychologie de masse du fascisme de Wilhelm Reich (1930 - court extrait)
Si le masque de la civilité tombe, ce qui apparaît n’est pas d’abord la sociabilité naturelle, mais la couche de caractère perverse, sadique.

Pour bien comprendre ce qui se passe derrière la façade, sur quelles forces s’appuie le fascisme, il faut avoir étudié pendant des années le caractère du petit-bourgeois brimé.

La rébellion des foules d’animaux humains maltraités contre la politesse creuse du faux libéralisme a fait apparaître la couche caractérielle des pulsions secondaires.

Il est impossible de neutraliser le forcené fasciste si on le traque, selon la conjoncture politique parmi les Allemands et les Italiens et non parmi les Américains et les Chinois, si on s’exclut soi-même, si on ne connaît pas les institutions d’où il éclôt chaque jour.

Le seul moyen de combattre efficacement le fascisme consiste à lui opposer une connaissance objective et pratique des processus de la vie. Personne ne lui damera jamais le pion sur le terrain du bavardage politique, des détours diplomatiques, des parades. Mais il n’a pas de réponses aux problèmes pratiques de l’existence, car il voit dans le miroir de l’idéologie ou sous les apparences de l’uniforme d’Etat.

Si vous entendez pécorer un fasciste de quelque chapelle qu’il se réclame sur « l’honneur de la nation » (au lieu de l’honneur de l’homme), sur le « sauvetage de la Sainte famille et de la race » (au lieu de la société de l’humanité laborieuse), s’il vous rabat les oreilles avec ses slogans tonitruants, il suffit de lui poser publiquement, en toute simplicité, quelques questions :

« Que fais-tu concrètement pour nourrir la nation sans exterminer les autres nations ? Que fais-tu en tant que médecin contre les maladies chroniques, en tant qu’éducateur pour rendre l’enfance plus heureuse, comme économiste contre le paupérisme, comme travailleur social contre le surmenage des mères de familles nombreuses, comme architecte pour la promotion d’habitations plus saines ? Mais trêve de bavardage ! Si tu n’as pas de réponses concrètes, tais-toi !»

Le fascisme n’est que l’expression politiquement organisée de la structure caractérielle de l’homme moyen, structure universelle et internationalisation qui n’est nullement le propre de races, nations ou partis déterminés. Le fascisme est l’attitude émotionnelle fondamentale de l’homme opprimé par la civilisation machiniste autoritaire et son idéologie mécaniste-mystique. C’est le caractère mécaniste-mystique des hommes de notre temps qui suscite les partis fascistes et non l’inverse.

Le fascisme international ne sera pas éliminé par des manœuvres politiques. Il cédera à l’organisation naturelle, internationale du travail, de l’amour et de la connaissance.

Chantal Maas