« Cher David-Yits'haq, 

Je désire vous poser une question qui concerne les personnes qui désirent se convertir au Judaïsme par amour d'une autre personne. Selon le consistoire et la Tora, ce genre de raison n'est pas valable. Pour quelle raison ? 

Pourquoi demander à une personne qui se convertit de respecter les 613 mitswoth ? Combien de Juifs les respectent toutes ? Ne restent-ils pas pour autant Juifs ? Comment pourraient-ils cesser d'être Juifs ? » Anonyme.

Cher « Anonyme »,

Afin de vous répondre, permettez-moi de me servir d'une analogie.

Dans un petit village, il y a plusieurs siècles, un noble essaya d'ouvrir une entreprise. Malgré les avantages pour la population qu'aurait représentait l'ouverture de son entreprise, les autorités locales, les personnalités et l'immense majorité des habitants s'opposèrent aux tentatives de ce noble.

Alors qu'il était sur le point d'abandonner, le chef d'une famille vint le voir pour lui annoncer qu'il l'aiderait – avec tous ses membres – à mener à bien son projet. De fait, grâce à l'aide de ces personnes, le noble put finalement ouvrir son entreprise qui rencontra finalement un grand succès.

Afin de ne pas laisser inaperçu ce service qui lui avait été rendu, le noble fit une promesse au chef de famille : tous les personnes issues de cette famille aurait un emploi dans l'entreprise. La promesse tenait bon non seulement pour les personnes vivantes, mais également pour celles qui verraient le jour. À chaque naissance, il serait délivré un certificat de promesse d'embauche à l'enfant qui verrait ainsi son avenir assuré.

Au fil des années, cette promesse ne fut jamais oubliée. Les siècles passèrent et les descendants de cette famille étaient toujours accueillis les bras ouverts. Certains se faisaient un honneur de figurer parmi les meilleurs employés, tandis que d'autres voyaient les choses différemment. Certains qu'ils étaient d'être accueillis, leurs efforts à travailler comme ils auraient dû s'en trouvaient amoindris. À l’extrémité de cette chaine, certains ne faisaient même strictement rien dans l'entreprise. Mais une promesse était une promesse et ils n'étaient jamais renvoyés.

Pendant ce temps, chaque fois que l'entreprise devait embaucher de nouveaux employés, elle faisait publier des annonces pour les postes libres en y indiquant les qualifications requises afin de prétendre à ces postes. Un certain nombre d'années d'études, un diplôme spécifique, un expérience de plusieurs années... la liste était longue des critères d'embauche.

Un jour, une personne qui n'avait pas été acceptée lors de son entretien d'embauche rencontra un membre de la famille dont les emplois étaient assurés dans l'entreprise. Elle lui dit : « Pour quelle raison devons-nous savoir tant de choses, tandis qu'on ne vous demande rien ? N'est-ce pas injuste de nous demander de savoir faire tant de choses, tandis qu'à votre naissance, vous recevez déjà un certificat d'embauche ? » Le membre de la famille lui raconte alors son histoire.

La promesse du mont Sinaï

Il y a bien longtemps, Hachem fit une promesse au Peuple juif : parce que ce peuple avait été le seul à accepter la Tora, chaque enfant né d'une mère juive serait juif. Cette promesse tient encore de nos jours. Rien n'est demandé aux Juifs à leur naissance : si leur mère est juive, ils le sont également !

D'autre part, si des personnes désirent rejoindre le groupe juif, on leur demande de respecter les règles de l'« entreprise » ; il faut garder le Chabath, manger kacher, respecter les lois de la pureté familiale...

Certes, chaque Juif devrait être un « employé » parfait est respecter également toutes les règles de la maison. Cependant, au fils des siècles, nombreux sont ceux qui les ont oubliées, à qui on ne les a jamais apprises... La Pause-Café, et bien d'autres sites internet, servent à ceci : rappeler aux personnes juives qu'il existe un « règlement intérieur » qu'elles devraient respecter.

Nous bénéficions tous et toutes de la promesse d'Hachem au mont Sinaï ; pour autant, faisons-nous tous et toutes les efforts pour respecter les lois que nous devrions suivre ?

Si l'employé parfait est celui qui respecte toutes les lois de son entreprise, le juif parfait est celui qui suit la Volonté divine. Je sais qu'il existe un grand écart entre l'idéal et la réalité et j'aimerais beaucoup qu'il en soit autrement.

En ce qui concerne la personne qui désire se joindre au club, elle le fait parce qu'elle désire se rapprocher de D-ieu. Dans ce cas, le règlement intérieur s'applique. Si celui-ci lui déplait, elle peut changer d'avis. Cependant, il est évident qu'on ne peut pas demander au « patron » d'accepter une personne qui annonce d'avance qu'elle ne désire pas se conformer aux règles qu'il a émises. 

Cher « Anonyme », j'espère avoir répondu à votre question.

Dédié à la guérison de Daniel ben Esther

David-Yits'haq Trauttman