(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

D'après tous nos décisionnaires, quand la Tora nous ordonne de « réprimander notre prochain », ce n'est que si nous sommes capables de le faire avec grâce. À ce propos, Rabbi Akiva disait : « Je me demande s'il se trouve dans cette génération, une seule personne habilitée à faire des remarque ! » Que dirions-nous aujourd'hui ?

Pour conscientiser les gens sans les abîmer, il faudra se munir d'une harpe à soixante douze cordes (72, c'est la valeur numérique du mot hébraïque Hessed qui signifie : amour). Sur une cascade d'arpèges, leur chanter un chant d'espoir, un chant nouveau !

Faire sa remarque musicalement avec tant de confiance, d'une voix si généreuse que le bougre se dise : « Quoi ? Moi aussi, j'ai mes chances ? » Oui, mon copain, tu as tes chances ! Tu risques même de tous nous dépasser.

La clé d'ouverture de ce chant, c'est la certitude que cette personne n'est pas condamnée à vie : elle peut se métamorphoser en un clin d’œil et se transformer en merveille !

Debout, mes frères : nul pécheur n'est invétéré ! Aucun vice n'est incorrigible ! Puisque D-ieu suscite les milliards d'univers à chaque seconde, il n'y a point d'état statique : tout se renouvelle à chaque instant, de façon complètement différente et inattendue, fantastique !

Qui fera sienne cette devise ? Qui fera confiance aux capacités que possèdent les braves gens ? Qui ne relèvera plus leurs défauts ? Ce poète de l'âme pourra accomplir de grands miracles : sauver des milliers de coupables que la critique avait condamnés et qui, entendant un refrain nouveau, se remettraient à espérer.

En posant sur les gens des regards aussi engageants, en les jugeant avec indulgence et en détectant leurs points positifs, nous les ferons littéralement grandir, nous les élèverons, nous les aimerons mieux et nous pourrons aller jusqu'à absoudre leurs fautes.

Voilà le secret de l'éducation des enfants, de la paix des ménages, de toute réussite en groupe et enfin de la conquête de soi-même.

Transformer notre entourage ainsi que nous-même à coup de paroles bienveillantes, telle sera bien l'unique méthode que l'Oint du Seigneur emploiera pour sauver le monde ! Ne sommes-nous pas ces précurseurs, la génération que la Providence a choisie pour préparer son œuvre ?

***

De bonnes paroles, un soupir d'espoir, une petite prière murmurée en cachette : autant de bombes d'oxygène pour réanimer notre conscience héréditaire, mémoire que l'environnement pollué avait menacé d'étouffer.
3. Te voici !
Par un beau matin, dans la glorieuse Safed de la Renaissance, tandis qu'il étudiait avec ses disciples et que Chmouel Ouzida apparut dans la salle d'étude, Rabbi Yits'haq Louria se leva de toute sa stature. Ceci dérouta les autres élèves, car Chmouel n'était alors âgé que d'une quinzaine d'années. Devant leur surprise, le Maître s'expliqua brièvement : « Je ne me lève pas devant Chmouel, mais devant l'âme de Rabbi Pinhas Ben Yaïr (l'un des géants du Talmud) qui accompagne ce garçon aujourd'hui. »

Très curieux de nature, Rabbi Haïm Vital attendit que l'étude prenne fin et que le jeune homme sorte. Il le suivit et – arrivé dans un endroit discret – Rabbi Haïm interpella l'élève : « Raconte-moi ce t'est arrivé, pour que le Maître voie ce qu'il a vu! »

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Le Renouveau

Rav Israël Yits'haq Besançon