(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

Comment la sagesse d'un simple cordonnier éclaira celle d'un érudit, pour le restant de ses jours et surtout de ses nuits... 

Par un pluvieux soir d'automne, Rav Israël de Salant entra dans un village où il devait passer la nuit. Ses chaussures avaient tant souffert des routes qu'elles baillaient franchement et absorbaient le jus des flaques glaciales.

Le rabbi distingua soudain l'enseigne d'un cordonnier et, s'approchant constata que l'artisan était encore affairé dans son atelier. Il osa donc y pénétrer et, malgré l'heure tardive, pria le brave homme de réparer ses chaussures. Le bottier acceptât et bientôt son aiguille mordait le cuir, à la lueur ambrée de la lampe à pétrole et au son mélodieux d'un petit air qu'il fredonnait.

Comme le temps passait, le Maître quelque peu inquiet, rompit le calme de l'échoppe :

« Pensez-vous que vous pourriez encore terminer ce travail ce soir ? »

« Rabbi, répondit l'artisan avec un bon sourire, tant qu'il y aura de la lumière, je pourrais réparer ! » 

Cette phrase retentit dans l'esprit du Maître ; avec le temps, elle devint sa devise : « Tant qu'il y aura de la lumière, je pourrais répare ; tant que mon âme, cette Lumière divine, séjournera encore en moi, l'espoir demeure : je peux encore tout réparer... »

Rabbi Na'hman a dit :

En ceci fidèles et hassidim se trompent grandement lorsqu'ils constatent que soudain les passions, les confusions et les obstacles s'acharnent contre eux. Ils ont l'impression d'être déchus de leur niveau, puisque précédemment, ces désirs et fantasmes ne les assaillaient plus aussi fort mais qu'ils goûtaient au contraire à une certaine quiétude... Ils pensent donc être tombés, qu'à D-ieu ne plaise !

Mais en vérité, ce n'est pas une chute du tout ! Seulement, puisqu'ils doivent à présent progresser d'un degré, selon leur itinéraire et leur situation, à cause de cela toutes les passions et obsessions s'éveillent contre eux à nouveau, avec une véhémence encore accrue...

Il faudra donc se renforcer chaque fois, ne pas se laisser abattre, jusqu'à ce que l'on surmonte ces troubles et qu'on les brise à nouveau.

(Likouté Moharan I, 25)
2. New Age

Nous enjoignant de ne jamais faire la morale à qui que ce soit, les Sages nous expliquent : les gens n'ont pas besoin qu'on leur dise quoi faire ; ils le savent déjà. Chacun connaît intimement quel est le prochain pas qu'il pourrait faire pour progresser. Ils ont seulement besoin qu'on leur donne le courage de le faire, qu'on les re-motive, qu'on les inspire !

À partir de cela, à quoi riment les remontrances ? Dans la plupart des cas, à enfoncer la victime dans son défaitisme et pas plus.

Un élève de Rabbi Na'hman ne devrait jamais sermonner personne. Il s'emploierait plutôt à encourager, réconforter, renforcer et soutenir sans cesse son entourage, ainsi que sa propre personne !

D'où l'approche qui consiste à « positiver » c'est à dire à ne s'occuper que du Bien, que de l'actif que l'homme pourra faire, abandonnant tout moralisme, toute critique ou constat d'échec.

Cette vue engageante découle la certitude que le Bien demeure inaliénable, Divin, incorruptible. Il est pur qu'il soit profondément enfoui, emmêlé. Mais là où il se trouve, il demeure pur et c'est cela qu'il faut regarder. De plus, c'est en fortifiant l'aspect positif qu'on lui permet de vaincre le mal. Pourquoi grincer sur les décombres ? Mieux vaut s'occuper de la reconstruction.

Par ailleurs, suivant l'image connue du fruit et de son écorce, il arrive que les défaut d'une personne indiquent une valeur. Il se peut qu'ils soient si lés à sa qualité profonde, que la moindre remontrance mettrait en péril l'épanouissement de cette personne. Cela briserait son élan, privant ainsi le monde des apports positifs que cette âme aurait pu nous faire en dépit de (ou grâce à) ses défauts !

Suite...

Le Renouveau

Rav Israël Yits'haq Besançon