1. Lumière dans la nuit 
Le principal dans la vie, c'est de se renouveler, de se donner du courage. Tourner la page et recommencer, comme si de rien n'était. Ne pas se laisser aller à la déprime, quelles qu'en soient les raisons. Même pas pour des raisons sacrées : car si l'on ressent du dépit à cause des années passées qui semblent ratées et des erreurs monumentales que l'on a pu y accumuler... D-ieu est grand !

Il connaît notre situation puisqu'Il s'y voit Lui-aussi engagé et qu'Il se trouve littéralement partout, y compris dans cette situation. Or le Père céleste ne se décourage jamais d'un homme, fût-il le pire des pires ; Il languit fortement de l'aider à sortir de ses pièges. A-t-on commis les mêmes entorses par myriades de fois et – malgré toutes ses bonnes résolutions – crack ! on est retombé... D-ieu connaît nos faiblesses mais aussi nos pouvoirs : c'est Lui qui les a créés et installés en nous.

Inlassablement, plein d'amour et de tendresse, il nous rappelle notre vraie grandeur : « Arrêtez d'être misérables ! Retournez donc à vos richesses et utilisez-les ! »

Il tend ainsi vers l'homme des milliers de perches : ce sont Ses messages : « Courage ! Courage ! Recommence à zéro. Ne te laisses pas abattre : là où tu es, se trouve une œuvre qui nul Ange divin ne pourrait accomplir à ta place. »

Courage, mon frère bien-aimé, ma sœur, tiens-bon jusqu'au matin : ta récompense sera immense et ta gloire sans fin et tu goûteras aux délices du Divin!

Ces mots proviennent de la bouche d'un véritable ami. C'est Rabbi Na'hman. Bien plus qu'une simple parole, il nous tend un moyen permanent de capter un message d'espoir. Message qui sera adapté à notre langage intime et à la situation précise où nous nous trouvons aujourd'hui.

Dans la première leçon du Likouté Moharan, où Rabbi Na'hman nous invite à « rechercher la sagesse qui réside en chaque chose », il nous explique clairement comment le faire. Ceux qui suivront ces indications et s'efforceront de les appliquer, s'habitueront peu à peu à capter des allusions personnelles et directes à travers tous les faits de la vie. Ils verront scintiller jusque dans leur contexte le plus critique, des rayons de la conscience.

Devenus attentifs aux signes, appels, symboles, ils sauront découvrir dans les détails les plus insignifiants la présence de D-ieu.

Imaginons que le penchant aurait eu raison de notre raison et nous voici glissant vers des sables mouvants ; à ce moment-là, un détail surgit du décor : un coup de fil, un tonnerre, une porte qui claque, etc. C'est la conscience qui vient de s'exprimer pour nous assister au moment dur de notre épreuve. Ce simple « clic » au bon moment pourra sauver un homme de l'irréparable.

Il ne s'agit plus de moraliser ni de philosopher : il faut sauver l'essentiel, le cœur, la vie ! Et ça, c'est seulement avec la présence d'esprit au bon moment, de saisir la perche qui nous est tendue.

Ne pensez pas qu'un gredin qui vient de se retenir d'une énorme bourde se contente de rester à zéro : il monte jusqu'à l'infini. Il se rapproche de D-ieu, plus que tous les justes de la terre. Il est chéri et aimé par son Père plus que la cohorte des Séraphins et autres créatures sublimes. Parce que du fond de sa géhenne il a attaché son cœur au Seigneur et qu'il a ainsi allumé une lumière dans la nuit.

Voici maintenant comment un vulgaire tenancier se transforma en saint prieur !

Le Talmud nous raconte qu'une terrible sécheresse avait frappé Israël, et que les Sages prièrent sans aucun résultat. L'un d'eux suggéra de se rendre chez Pentakaca, un tenancier de maison close pour lui demander de prier.

Ce qui fut dit, fut fait et arrivés sur place, ils firent leur demande. Après que le tenancier eut fait sa prière et qu'il eut obtenu une véritable averse, un torrent, les Sages lui demandèrent de raconter sa vie.

« Un beau matin, alors que je rangeais ma boîte des agapes de la veille, j'entendis des sanglots de derrière les colonnes. C'était une jeune femme apparemment religieuse qui voulait d'urgence me parler : « Mon mari avait une telle dette envers le gouverneur et rien pour pouvoir la payer, qu'il fut condamné aux galères à perpétuité. Je voudrais tant le sauver que, n'ayant aucune autre ressource, je suis prête à travailler chez vous... »

« Tu ne travailleras jamais chez moi ! hurla Pentakaca. Voici un coffre avec toutes mes économies, des millions, des millions. Je te les donne pour libérer ton mari. Prends et va ! Sors vite d'ici ! » 

Comment la Lumière infinie peut jaillir des profondeurs ! 

Une autre personne du même acabit croisa un jour dans la rue, un grand érudit. Ce dernier, escorté de ses disciples, tomba en arrêt et presque en syncope.

« Ne voyez-vous pas sur la tête de cet homme une immense colonne de lumière qui monte jusqu'au ciel ? »

Tandis que les élèves, insensibles à la vision mais intrigués par les faits, s'approchèrent de l'homme pour lui demander des explications, celui-ci avoua que quelques instant plus tôt, il venait de se refuser à une occasion d'adultère.

La Guémara nous narre ensuite son retour spectaculaire à la Tradition. Il devint un ami des Sages et, profitant de ses relations du passé, sauva la communauté de bien des dangers.

Suite...

Le Renouveau

Dédié à la guérison de Ra'hel bath Léah

Rav Israël Yits'haq Besançon