Si l'Enfant de Noé pense à la vie et à utiliser la sienne pour se rapprocher du Maître du monde, il pense également au jour après. La vérité ne choquera personne : nous ne sommes pas immortel. Pour un Ben Noa'h, cette réalité pose un défi supplémentaire : où et de quelle façon peut-il envisager d'être enterré ?

L'enfant de Noé possédant une identité distincte du peuple d'Israël, il ne peut donc pas être enterré dans un cimetière juif. Pour autant, la présence plus ou moins importante de signes d'autres religions dans les cimetières peut représenter un certain challenge.

Les questions qui sont posées le plus souvent sont : 1) La présence de signes religieux est-elle un obstacle pour un Enfant de Noé à être enterré dans un cimetière ? 2) Il arrive quelques fois qu'un cimetière soit accolé à une église. Cela représente-t-il un problème ? 3) Un rabbin peut-il prononcer l'oraison funèbre lors de l'enterrement d'un Ben Noa'h ?

Grâce à l'aide des Rav Moshe Weiner et Michael Schulman, nous vous présentons ci-dessous les réponses à ces questions, ainsi qu'à d'autres qui nous sont posées régulièrement.

S'il est exact qu'un Enfant de Noé ne peut pas être enterré dans un cimetière juif, l'enterrement dans un cimetière public ne pose généralement pas de problème. La raison est que le plus souvent, les cimetières situés en Europe ne sont pas affiliés à une religion spécifique.

Certes, dans certains endroits, on peut remarquer la présence de signes religieux : sur les tombes, ou même sur les bords des allées des cimetières. Cependant, peu importe si ces signes sont privés (placés sur les tombes) ou publics (appartenant à l'administration du cimetière) : leur présence ne représente pas un obstacle à l'enterrement d'un Ben Noa'h dans ce cimetière.

Dans le cas des cimetières anciens, il peut arriver que celui-ci soit accolé à une église. Dans certains cas, il peut même sembler que le cimetière soit inclus dans le terrain qui appartient à l'église. Cependant, le plus souvent le cimetière se trouve bel et bien sur des terres publiques et le fait qu'il soit accolé à une église est le simple reflet d'un mode de fonctionnement ancien : à une époque où la presque totalité de la population d'un village s'identifiait à une religion spécifique, l'État ne s'offusquait pas de la présence d'une église aux abords d'un cimetière.

L'enfant de Noé peut également souhaiter qu'un rabbin vienne prononcer une oraison funèbre lors de son enterrement. Sauf cas particulier, cela ne doit pas poser de problème pour le rabbin. Cependant, plutôt que d'avoir simplement écrit dans une lettre qu'il souhaite qu'un rabbin prononce son oraison funèbre – lettre qui est le plus souvent lue après le décès de la personne – il est conseillé au Ben Noa'h de prendre contact lui-même avec un rabbin afin de voir en détail les différents aspects de cette démarche.

La raison est que la majorité des rabbins pourraient être surpris par une telle demande. Il n'est sans doute pas très élégant de demander à ses descendants d'avoir peut-être à discuter pendant de longues heures avec un rabbin afin de le convaincre de venir prononcer une oraison funèbre dans un cimetière non-juif pour une personne non-juive récemment décédée.

La réalité est que l'immense majorité des rabbins ne rencontrent pas – ou très peu – de Bnei Noa'h durant l’exercice de leurs fonctions et qu'il y a de fortes chances pour qu'une telle demande soit la première qu'ils reçoivent. Il est donc plus intelligent de prendre les devants et de contacter par avance un rabbin avec lequel l'Enfant de Noé aura eu le temps d'expliquer la situation.

Il existe d'autres aspects qu'il est important de connaître :

Idéalement, un Ben Noa'h ne devrait pas demandé être embaumé. La raison est qu'en étant enterré d'une façon habituelle, il respecte ainsi le verset (Genèse 3:19) : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes à la terre d'où tu as été tiré ; car poussière tu fus et poussière tu redeviendras. »

Il est exact que ce commandement concerne plus particulièrement le peuple juif. C'est pour cela que selon l'aspect strict de la loi, un Enfant de Noé ne transgresse pas les lois qui le concernent s'il décide d'être incinéré. Cependant, en agissant de la sorte, il ne pourra pas bénéficier du nettoyage spirituel des fautes pour lesquelles il ne se sera pas repenti et que permet un enterrement dans la terre. Ainsi, un Ben Noa'h dont l'âme est méritante préférera être enterré dans la terre.

D'ailleurs, selon le Rav Moshe Weiner – auteur du livre de lois « Le Code divin » pour Bnei Noa'h – le verset cité précédemment nous enseigne que les Enfants de Noé ont une obligation morale d'être enterrés dans la terre mais qu'il ne s'agit pas pour autant d'une obligation selon la Tora.

(Nous remercions le site Asknoah.org pour son autorisation à utiliser les informations principales qui nous ont permis de rédiger notre article).

David-Yits'haq Trauttman