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Définition de la médisance

Selon vos dires, dans le débat auquel vous avez assisté, une personne a dit à l'égard du Rav Weiner qu'il a fait une erreur en écrivant – dans son livre de lois pour les Enfants de Noé : « Le Code divin » – qu'un Ben Noa'h ne peut pas jeûner en l'honneur de Yom Kippour.

De fait, selon le Rav Weiner :

« (Une personne non-juive n'a pas le droit de) désigner un jour spécifique afin d'y établir un commandement ou une loi religieuse particulière. Par exemple : une personne non-juive (n'a pas le droit) de consommer un aliment spécifique en tant que précepte (notamment : consommer une galette de pain azyme (matsa) pendant la fête de la Pâque juive (Pessa'h) ou jeûner pendant un jour précis (notamment : le jour du Grand Pardon (Yom Kippour) » (1).

Afin de comprendre les raisons de cette interdiction, il suffit de lire en détail les explications qui sont fournies par le Rav Weiner. Vous me permettrez simplement de ne pas les citer dans ma réponse car il me semble que cela dépasserait le cadre de notre sujet.

Dans tous les cas, dire que le Rav Weiner « s'est trompé » revient à dire qu'il a « adopté une opinion non conforme à la vérité, tenir pour vrai ce qui est faux » (dixit le Larousse). Vous conviendrez avec moi que de tels propos sont peu élogieux à l'égard du Rav Weiner.

Il est intéressant de noter que selon le Rambam (2), la définition de la médisance (Lachon Hara') est la suivante : « prononcer des paroles de reproche à l'égard d'une tierce personne ». De plus, dans son ouvrage à propos de la médisance, le Chafets Haïm retient mot pour mot la définition du Rambam.

Ainsi, dire que le Rav Weiner s'est trompé est dire Lachon Hara' à son égard. Le Rambam précise que c'est à l'égard de ceux qui prononcent Lachon Hara' que le Roi David à écrit (3) : « Que l'Éternel supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s'expriment avec arrogance ». De plus, si ces propos ont été tenus dans un cadre (les réseaux sociaux) où toutes les autorités rabbiniques orthodoxes nous interdisent de débattre, il me semble que cela suffit pour vous tenir éloigné d'une telle personne.

Un rabbin n'est pas universel dans son savoir

Il y a une évidence que les Enfants de Noé ne devrait jamais oublier : être rabbin ne signifie pas que l'on peut donner son avis sur tout ce qui à trait à la Tora. Cela peut être comparé à un excellent chirurgien du cœur qui n'a jamais opéré une personne du cerveau. Le fait qu'il soit un expert sur une certaine partie du corps ne signifie pas qu'il ne serait pas dangereux de le laisser opérer sur une autre !

Être rabbin n'a jamais voulu dire avoir reçu un blanc-seing pour donner son avis sur tout. La raison est simple : un rabbin est généralement un expert en un aspect spécifique de la Tora, sans forcément qu'il connaisse grand chose sur les autres aspects.

Un exemple : si le plus grand rabbin du monde n'a pas étudié les lois de l'abattage rituel et n'a pas obtenu son certificat de cho'het (abatteur rituel), il lui est strictement interdit d'abattre un animal et s'il le faisait, il serait strictement interdit d'en consommer sa chair. Cela semble une évidence, mais à l'occasion, certaines personnes peuvent penser que leur avis est important – peu importe de quel aspect de la Tora il est fait référence – simplement parce qu'elles sont rabbins. Cela est une erreur !
(1) Vol. 1, p. 38 (édition originale en hébreu).

(2) Michné Tora, Deot 7:2.

(3) Psaumes 12:4.

À suivre...

David-Yits'haq Trauttman