"David-Yist'haq : je suis confus parce que plusieurs rabbins donnent des avis différents pour un Ben Noa'h à propos de l'autorisation de jeûner à Yom Kippour. Pouvez-vous m'aider à comprendre ce qu'il faut faire ?" Anonyme (Rennes, France)

Cher « Anonyme »,

Rêvons – vous et moi – d'un monde parfait. Un monde dans lequel chaque lettre envoyée arriverait rapidement à sa destination, chaque avion décollerait à l'heure et dans lequel chaque rabbin... parlerait de ce qu'il connaît.

La réalité est que notre monde est loin d'être parfait et que le courrier arrive en retard plus souvent qu'on le voudrait, que les avions ne décollent pas toujours à l'heure et que tous les rabbins... ne parlent pas forcément de ce qu'ils connaissent.

Votre question est le reflet de l'imperfection des hommes – y compris celle des rabbins – et des problèmes liés à un usage abusifs des réseaux sociaux.

Le rabbin Facebook n'existe pas

La question que vous m'avez envoyée – et dont sont extraites les deux lignes citées ci-dessus – précise que vous avez participé à un échange sur le réseau social Facebook avec plusieurs personnes – dont un rabbin – à propos de l'autorisation pour un Ben Noa'h de jeûner à l'occasion de Yom Kippour.

Vous me permettrez de vous donner mon avis à ce sujet : les réseaux sociaux ne devraient jamais être utilisés pour ce type de discussions. Je peux comprendre l'intérêt de ces réseaux pour les Bnei Noa'h : ceux-ci ne vivent pas toujours à proximité d'autres Enfants de Noé et les réseaux sociaux permettent de briser en quelque sorte cet isolement.

Cependant, il existe une grande différence entre « entrer en contact » et « discuter de sujets sérieux ». Dans le premier cas, il s'agit de tendre la main vers une tierce personne dans le but de lier éventuellement – plus tard – des liens plus approfondis et plus durables. Dans ce rôle d'initiateur, les réseaux sociaux peuvent effectivement posséder un rôle appréciable.

Dans le second cas, on risque d'être fortement déçu – comme vous l'avez été – par la qualité des échanges et d'être mis en face de contradictions qui nous laissent perplexe. Le doute s'installe alors et en fin de compte, on ne sait plus quoi faire. Pire encore : on court le risque de recevoir une information fausse – sans le savoir – et d'en faire une vérité... pour de longues années.

Je ne saurais que trop vous conseiller de passer le moins de temps possible sur les réseaux sociaux et dès le premier contact établi – ou la première lecture faite d'un texte de Tora – les quitter. En ce qui concerne un Rav – ou plusieurs – qui entretiendrait des discussions sur ces réseaux, je peux vous garantir une chose : vous devriez resté éloigné de ces personnes qui agissent à l'encontre de l'enseignement de toutes nos plus grandes autorités rabbiniques.

De fait, si un nombre important – mais éloigné de la totalité – permet l'usage des réseaux sociaux afin d'y publier des articles de Tora, aucune – absolument aucune – n'autorise le fait d'y participer à des débats. Ainsi, que penser d'un rabbin qui ne prête aucune attention à ces plus hautes autorités ? Un conseil : ignorer ces Rav et prier abondamment le Créateur pour ne pas les écouter ; jamais.

Suite...

David-Yits'haq Trauttman