« Si l'on osait manger, le troisième jour, de la chair de ce sacrifice rémunératoire, il ne serait pas agréé. II n'en sera pas tenu compte à qui l'a offert, ce sera une chose réprouvée et la personne qui en mangerait, en porterait la peine.» (Lévitique 7:18)

Rachi : « Le verset parle d'une personne qui pense, au moment de l'abattage, consommer l'animal le troisième jour. (...) Elle ne doit pas avoir cette pensée au moment del'abattage et si elle l’a, le sacrifice n'est pas accepté.»

Le plus souvent, nous accordons peu d'importance à nos pensées et presque invariablement, nous estimons qu'un acte concret possède une plus grande signification qu'une simple pensée. De fait, lorsque nous désirons afficher notre innocence, ne disons-nous pas : « Mais je n'ai rien fait ?» Passer à l'acte laisse des traces, tandis qu'une pensée reste inaperçue et anodine.

C'est pour cette raison qu'il est intéressant de relever qu'une simple pensée possédait pourtant – à l'époque où le Temple se dressait à Jérusalem – le pouvoir de disqualifier un sacrifice. Nul besoin d'un geste concret ou d'une action particulière, le seul fait de penser que nous consommerions un sacrifice au-delà de la date limite autorisée par la Tora rendait celui-ci inacceptable.

Penser : l'essence de l'être
Si nous accordons peu d'importance à nos pensées, la raison est sans doute que nous y avons un grand intérêt. Il est certainement plus facile de « paraître » honorable... aussi longtemps que nos pensées restent secrètes.

Nous forcer à paraître agréable devant notre patron, surtout si nous désirons lui demander une augmentation de salaire. Sourire à un client potentiel, tout en pensant qu'il est une personne détestable. Penser une chose... et en dire une autre. N'avons-nous pas tous connu de genre de situations ?

Dans la vie d'un couple, les pensées sont encore moins anodines. Passer une soirée dans un restaurant accompagné de sa femme et penser à une autre. Dire à sa femme qu'on l'aime et ne pas le penser. Enfin, lorsque dans les moments intimes, les pensées ne s'accordent pas aux actes, l'ignoble est atteint.

Nous comprenons tous ce dont il s'agit. Nous trouvons tous que logiquement, nos pensées devraient s'accorder avec nos actes. Pourtant, nous sommes très souvent tenaillés entre ce que nous devrions faire et ce que nous voudrions faire. Ceci est l'histoire de notre vie.

Hachem connait mieux que quiconque nos pensées. Le roi David ne disait-il pas : « Tu connais tous mes faits et gestes ; longtemps d'avance Tu es instruit de ma pensée. » (Psaumes 139:2). Cela pourrait nous faire trembler de peur, mais il nous revient d'inverser cette peur paralysante en une force merveilleuse et d'une puissance difficile à imaginer.

De fait, si la pensée peut avoir un impact réel dans le monde matériel – comme nous l'avons appris en ce qui concernait les sacrifices – il nous suffit de penser le bien pour voir notre monde se modifier conséquemment. En d'autres termes : pensons au bien et le bien se fera.

Pensons des choses positives à propos de notre entourage, de nos collègues de travail et surtout : de nous-même. En adoptant une pensée positive – à chaque instant de notre vie – notre mondre prendra une nouvelle dimension. Nos pas seront plus légers, notre cœur s'éveillera aux sentiments de la joie et de l'espoir et nous pourrons alors dire adieu à la grisaille, au stress et aux tensions de toutes sortes.

Cela ne mérite pas qu'on essaie ?

Dédié à la guérison de Sara bath Mazal

David-Yits'haq Trauttman