« Or, il y eut une famine dans le pays. Abram descendit en Égypte pour y séjourner, la famine étant excessive dans le pays » (Genèse 12:10)

Rachi : « Uniquement dans ce pays, afin de le mettre à l’épreuve et afin de voir s’il aurait une pensée de révolte contre le Saint béni soit-Il. Il lui avait dit de se rendre dans le pays de Kena'an et maintenant, Il l’obligeait à en sortir. »

Hachem avait promis beaucoup de choses à Avraham. Rempli de ces promesses, Avraham n'avait pas hésité à quitter son pays natal et sa famille. Pourtant, en arrivant dans le pays que le Maître du monde lui avait donné en héritage, le Patriarche constata que la famine y régnait ; de plus, on l'informa que cette famine était exceptionnelle : elle sévissait uniquement dans ce pays et dans aucun des autres qui le bordent. Le rêve et la foi en un avenir radieux allaient-ils se transformer en cauchemar ?

L'émouna ou rien !

Avraham réagit avec une émouna parfaite : sans se poser la moindre question, ni mettre en doute le bien-fondé de la Justice divine, il quitta Eretz Israël afin de se rendre en Égypte. Alors qu'il aurait pu au moins interroger le Créateur sur les raisons d'une telle situation, Avraham ne s'enquit même pas sur les motifs qui l'obligeaient à se rendre à l'extérieur d'Eretz Israël.

L'exemple d'Avraham peut et doit nous servir dans notre vie quotidienne. De fait, combien de fois ne comprenons-nous pas que nos tracas habituels sont envoyés du Ciel ? Combien de fois préférons-nous nous énerver et élever la voix : contre une tierce personne, notre banquier, notre docteur, nous-même... plutôt que de chercher le sens profond du message d'Hachem ?

À l'exemple d'Avraham qui en était alors à son début de son rapprochement avec D-ieu, la personne qui a commencé sa téchouva (qu'elle soit juive ou Ben Noa'h) se voit souvent confrontée à des problèmes qu'elle n'avait pas auparavant.

Dans ces cas, les mêmes questions viennent à l'esprit : « En fin de compte, croire en D-ieu n'est pas pour moi » ; « J'ai bel et bien dû prendre une mauvaise décision pour en arriver là » ; « J'ai montré mon amour à Hachem et c'est Lui qui me montre qu'Il ne m'aime pas, qu'Il ne désire pas que je Le serve »...

Ce mode de réflexion possède son origine dans les forces du mal qui désirent nous voir échouer. Si nous commençons à essayer de trouver des réponses à ces questions, nous avons déjà fait la moitié du chemin en leur direction. C'est plutôt en nous sauvant à grande vitesse de ce genre de pensées que nous pourrons reprendre et poursuivre notre voyage spirituel.

Il est évident que nous devons être entouré de bons conseils. La nouvelle vie spirituelle d'un Ben Noa'h n'est pas toujours reçue comme une bonne nouvelle par son entourage. S'il est certain qu'il faut tenir compte de la situation de chaque personne, le Ben Noa'h doit pourtant bel et bien avancer dans son cheminement. Poser les questions adéquates à un Rav est la meilleure solution pour trouver les réponses que assureront le succès à cette élévation spirituelle.

La règle générale est la suivante : nous ne devons jamais nous mettre sous pression et lorsque nous devons faire face à une opposition, nous devons prendre le temps de réfléchir, demander conseil à un Rav et modifier avec tact ce qui doit l'être. À l'opposé, nous ne devons jamais abandonner ou désespérer de voir les choses allaient mieux, ni prendre des décisions à la va-vite.

Dédié à la guérison de Daniel ben Angela

David-Yits'haq Trauttman