« Betsalel exécuta l'arche en bois de chitim.  » (Exode 37:1).

Rachi : « Parce qu’il a « donné son âme » à ce travail plus que les autres artistes, elle est appelée de son nom.»

Un nombre important de personnes avaient été impliquées dans la construction de la Tente d'assignation. Il avait fallu fabriquer de nombreux articles et la main-d’œuvre fut importante. Pourtant, lorsqu'elle mentionne la construction de l'Arche dans laquelle les Tables de la Loi devaient être déposées, la Tora nous enseigne seulement que Betsalel la construisit. Rachi nous en explique la raison.

Se dévouer à notre tâche

Dans notre travail ou dans notre cuisine, nous accordons le plus souvent une grande importance à la touche finale de ce que nous faisons. De fait, la plupart des individus préféreront partir en retard de leur travail si leur patron leur avait demandé de réaliser une certaine tâche.

Également, si nous recevons des invités pour une raison particulière, nous ne nous contenterons pas d'un travail approximatif en cuisine : le vin doit être un Merlot de 2011 plutôt qu'un Sauvignon de 2013, la viande du boucher de la rue voisine et certainement pas du supermarché...

Dans le monde matériel dans lequel nous évoluons, nous accordons une importance accrue au « travail fini.» Nous comprenons le plus souvent les raisons pour lesquelles une tâche à moitié faite ne vaut rien et malgré notre bonne volonté, les chances sont minces que le patron d'un restaurant nous voit de nouveau si le service n'était pas parfait, absolument parfait.

Pourtant, lorsque nous pensons à la relation que nous construisons chaque jour avec Hachem, nous n'avons aucune difficulté à nous trouver toutes les bonnes raisons pour ne pas atteindre... la perfection !

Manque de temps, d'argent, de connaissance... tous les prétextes sont généralement bons pour nous excuser devant le Créateur. En agissant de la sorte, nous prenons pour acquis le fait que D-ieu nous comprendra. « En fin ce compte, ne sommes-nous pas seulement des être humains ?» ; « Il nous est bien sûr impossible d'être toujours parfait !» Etc.

À vrai dire, nous avons raison. Le Maître du monde sait mieux que personne notre faiblesse : n'est-ce pas Lui qui nous a fabriqués ? C'est pour cette raison qu'après une chute spirituelle, nous ne devons jamais désespérer. Le cœur brisé, les larmes nombreuses et les regrets sincères sont des armes que D-ieu ne refuse jamais pour pardonne celui qui doit l'être.

Pour autant, si nous désirons nous élever toujours un peu plus, nous pourrions sans doute trouver une grande source de motivation en puisant dans notre perfectionnisme habituel lié aux affaires de ce monde et en essayant de l'appliquer dans notre Service divin.

Si nous souhaitons marquer notre vie, c'est-à-dire lui laisser l'empreinte profonde de notre Service divin, nous devons prendre exemple sur Betsalel et nous dévouer profondément à notre tâche. C'est en remontant nos manches que nous aurons la satisfaction d'avoir réellement « essayé », « tenté » ou « voulu » nous rapprocher d'Hachem.

En pensant d'une façon sincère avoir « fait nos devoirs », ce que nos yeux verront par la suite nous importera peu. Que nous ayons réussi ou pas, que nous ayons atteint ou pas notre objectif... pourra toujours être mis sur la Volonté divine qui voulait que les événements se passent de la sorte.

Cependant, cette tranquillité d'esprit – qui est un aspect essentiel dans notre relation avec le Créateur – pourra ainsi être nommée car nous aurons déployé des efforts sincères pour réussir. Dans le cas contraire, nous ressemblerions plutôt – que D-ieu nous préserve – à une personne négligente et peu sérieuse dans son désir de se rapprocher du Maître du monde

Qui voudrait ressembler à une telle personne ?

Dédié à la réussite matérielle de Chimon ben Jeanne

David-Yits'haq Trauttman