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« Alors l'Éternel parla à Moïse et à Aaron ; Il leur donna des ordres pour les enfants d'Israël et pour Pharaon, roi d'Égypte, afin de faire sortir les enfants d'Israël du pays d'Égypte.» (Genèse 6:13)

Dans le même verset, la Tora a réunit les enfants d'Israël – symbole de la pureté spirituelle – et Pharaon, symbole de l'impureté spirituelle. Sachant qu'Hachem dicta la Tora à Moïse, nous devons réaliser que cette proximité n'est pas le fruit du hasard : si chaque lettre écrite dans la Tora possède sa place précise et désirée par le Maître du monde, il en va de même pour chaque mot.

Notre cœur : ce que ne peux refuser Hachem

Nous n'avons pas de difficulté à penser qu'une personne qui est proche d'Hachem puisse cependant fauter : nul être n'est parfait. Nous savons également que la téchouva de cette personne sera certainement acceptée avec empressement par le Créateur. De fait : comment pourrait-Il refuser les regrets sincères d'un être qui Le sert habituellement d'une si belle façon !

Cependant, lorsque nous pensons à nous, à notre propre personne, la situation nous semble bien différente. Nous sommes conscient de notre éloignement d'avec Hachem et la pensée que notre téchouva pourrait ne pas être acceptée nous effleure souvent. Ainsi, après avoir fauté, nous imaginons que le chemin de rapprochement nous est pratiquement fermé... et ceci ne fait que rajouter à notre désespoir.

Pourtant, la réalité est autre. C'est en se basant sur notre verset que le Midrach Rabba (Genèse 7:4) nous apprend une leçon qui ne devra plus jamais nous quitter.

À la lecture de notre verset, les élèves de Rabbi Levi lui demandèrent la raison pour laquelle deux concepts aussi opposés l'un par rapport à l'autre se trouvaient réunis. Rav Levi répondit : « Hachem a agit à la façon d'un roi qui possède un verger et dans lequel il a planté des arbres fruitiers et des arbres qui ne doivent pas donner de fruits. » Les élèves lui posèrent la question suivante : « À quoi peuvent bien servir ces arbres qui ne donnent pas de fruits ? »

Rav Levi répondit : de la même façon qu'Hachem élève au Paradis les louanges prononcées à son égard par les Tsadiqim, le Maître du monde élève les louanges qui sont prononcées de l'enfer par les mauvaises personnes.

La réponse de Rav Lévi est surprenante : quelle comparaison peut-il y avoir entre les louanges prononcées par des Tsadiqim et celles prononcées par des Récha'im ?

Afin de répondre à cet étonnement, Rav Lévi ajouta : « Les larmes des Récha'im coulent comme des fontaines et leurs larmes refroidissent le feu de l'enfer.»

Voici donc l'arme ultime de la téchouva : nos larmes. Nos larmes de regret pour ce que nous avons fait ; nos larmes de honte pour être si éloigné d'Hachem ; nos larmes de vie car notre cœur possède en réalité un seul désir : celui de faire la Volonté divine.

Ces larmes, les Bnei Noa'h en possèdent autant que les Juifs ; qu'ils n'hésitent pas à s'en servir !

Un cœur brisé et des larmes de regret sont les meilleurs atouts que possède chaque Ben Noa'h. Si – à l'occasion – les raisons ne lui manquent pour épancher son cœur devant D-ieu, qu'il sache au moins une chose : en le faisant, il vit pleinement. Heureux soit-il !

Dédié à la guérison de Ra'hel fille de Micha

David-Yits'haq Trauttman