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« Tu ordonneras aux enfants d'Israël de te choisir une huile pure d'olives concassées, pour le luminaire, afin d'alimenter les lampes en permanence.» (Exode 27:20)

Éliezer était né aveugle. Il avait appris à vivre et à se mouvoir en ce monde en l'absence de tout repère visuel. Pour les personnes qui le connaissaient pas, il était difficile de leur faire croire qu'Éliezer ne voyait pas : il déambuler avec une telle facilité !

Lorsqu'il était dans un environnement qu'il connaissait, Éliezer faisait preuve d'une assurance incroyable. Pourtant, il arriva qu'il se perdit dans une forêt, lors d'une promenade solitaire. Cela ne lui était jamais arrivé.

Un homme providentiel croisa son chemin et lui demanda comment il pouvait l'aider. Éliezer lui répondit qu'il habitait une petite maison pas très éloignée de l'endroit où ils se trouvaient. En fournissant à l'inconnu les indications dont il avait besoin, Éliezer se retrouva rapidement chez lui, dans un environnement qui lui était familier.

Une lumière pour le monde entier

À peine arrivé chez lui – après la tombée de la nuit – Éliezer se mit à allumer les différents chandeliers qui se trouvaient dans le salon. L'inconnu exprima sa surprise : « Pour quelle raison allumez-vous tous ces chandeliers ? N'êtes-vous pas aveugle ? »

Éliezer répondit : « Certes, je ne vois pas. Cependant, la sonnerie de l'horloge m'a indiqué que dans peu de temps, mes invités vont arriver. » L'inconnu ne dit rien mais attendit avec surprise : quels étaient donc ces invités qui se rendaient dans une maison retirée du monde et de plus, chez un aveugle ? »

À l'heure prévue, de nombreux invités arrivèrent et tous se mirent à écouter Éliezer qui leur exposa une parcelle de sa sagesse. Invariablement, à chaque question d'un invité qui désirait savoir la source de ce qu'avançait Éliezer, celui-ci lui indiquait de se lever et d'aller prendre dans sa bibliothèque le livre dans lequel il pourrait vérifier ce qu'Éliezer avait affirmé.

Après une soirée remplie de perles de sagesse, les invités se retirèrent un à un... ainsi que l'inconnu qui fit ses adieux à Éliezer.

La lumière qu'Hachem avait ordonné aux Bnei Israël d'allumer dans le Temple n'était d'aucune utilité pour le Maître du monde. Cette lumière est plutôt le symbole de la sagesse de la Tora ; c'est elle qui illumine le peuple juif et c'est également grâce à elle que les nations du monde peuvent avancer sur le chemin du Divin (Isaïe 60:23).

Le peuple juif ressemble à Éliezer dans notre histoire. Éloigné de la lumière de la Tora, il devient incapable de trouver son chemin dans le monde et dépendant d'une aide providentielle s'il ne veut pas se perdre.

Proche de la lumière de la Tora – de son enseignement, de ses prières, de ses mitswoth – le peuple juif peut éclairer les nations du monde. Celles-ci n'ont que la porte à pousser pour recevoir la lumière du Créateur : elles trouveront toujours un Éliezer qui leur exposera les trésors de la sagesse juive.

Ces nations ne doivent pas forcément croire tout ce que dit Éliezer. Pour s'assurer que leur enseignant ne se trompe pas – et ne les trompe pas – elles doivent elles-aussi consulter les livres et apprendre. Si elles auraient tort de vouloir prendre la place d'Éliezer, celui-ci se tromperait également s'il pensait que les nations sont venues pour écouter sa parole. Elles sont plutôt venues pour écouter les paroles de D-ieu qu'Éliezer ne fait que transmettre.

L'enseignement de notre histoire est simple : plus grand sera le nombre de Bnei Noa'h qui entreront dans la maison de la Tora, plus grande sera la lumière qui se répandra dans le monde. D'autre part, plus grand sera le nombre « d'Éliezer », plus vite ce mouvement s’accélérera et précipitera l'arrivée de Mochia'h. Puissions-nous voir son arrivée de nos jours et rapidement. Amen !

Dédié à la guérison de Sylvie fille de Michèle

David-Yits'haq Trauttman