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« Si tu es toujours docile à sa voix et si tu accomplis toutes Mes paroles, Je serais l'ennemi de tes ennemis et Je persécuterais tes persécuteurs.» (Exode, 23:22)

Les Bnei Israël étaient à peine sortis d'Égypte que D-ieu leur envoya un ange pour les protéger. Hachem leur fit une promesse : s'ils écoutaient Sa voix et suivaient Ses commandements, leurs ennemis auraient à affronter le Maître du monde plutôt que les Juifs eux-mêmes. Pour le peuple d'Israël la voie était ainsi tracée : plus ils se rapprocheraient de D-ieu, plus la force de leurs ennemis diminuerait.

Notre combat... avec nous-même

Très souvent, nos ennemis prennent une forme inattendue. Qu'il s'agisse de notre banquier qui refuse notre demande de prêt, de notre patron qui augmente régulièrement notre charge de travail, notre voisin qui se plaît à rénover sa maison aux heures où nous désirons nous reposer...

Parmi tous ces ennemis, le plus puissant est sans doute celui qui réside en nous. C'est cet ennemi qui nous fait perdre courage devant les obstacle inhérents à la vie, qui nous fait penser que nous sommes bon à rien, que nos efforts pour sortir la tête de l'eau n'aboutiront à rien...

Ainsi, qu'il s'agisse d'une guerre qui se mène avec des tanks et des fusils – par exemple : celle que nous menons contre les palestiniens – ou d'une guerre avec nos contemporains – qu'il se nomment notre banquier, notre patron ou notre voisin – ou encore celle que nous menons contre le Yetser Hara' (le mauvais penchant), nous devons être certain d'une chose : notre victoire sera assurée si nous nous renforçons dans notre étude de la Tora, dans nos prières, dans notre respect des mitswoth...

C'est parce que nous oublions cette réalité que nous donnons le pouvoir à d'autres de nous mener la vie dure, que D-ieu nous préserve. Les énervements, les angoisses, les colères... sont autant de symptômes qui révèlent notre éloignement du Maître du monde. Non seulement nous pensons trop souvent que notre salut peut venir de notre banquier, de notre patron ou de nous-même, mais nous ignorons presque totalement le potentiel fabuleux qui réside en nous : celui qui ferait disparaître tous ses ennemis... si nous prenions seulement la décision d'avancer sur le chemin que le Créateur a tracé pour nous.

Ce chemin a été marqué depuis longtemps : l'emouna est son empreinte et l'étude de la Tora, les prières et les mitswoth en sont les jalons. Investir nos ennemis d'un pouvoir qu'en réalité ils ne possèdent, c'est déjà s'écarter du bon chemin. Ne pas investir tous les efforts que nous pouvons déployer pour voir la puissance de notre potentiel se concrétiser, c'est s'en écarter encore un peu plus.

Le monde matériel dans lequel nous vivons est rempli de leurres. Ceux-ci ont pour seule raison d'exister de nous induire en erreur et de nous faire penser que seul un affrontement direct avec nos ennemis pourra nous sortir de la crise. C'est la raison pour laquelle nous trop souvent tenter d'établir un rapport de force avec notre banquier, de nous soumettre aux désirs de notre patron, de nous mentir à nous-même et de penser que « tout ira bien », sans que l'on soit obligé de trop se remettre en question...

S'il est indéniable que nos rapports avec nos contemporains exigent certaines règles de conduite – essayer de remplir les critères souhaités par notre banquier, d'être un employé exemplaire, de travailler sur nous-mêmes afin de devenir une meilleure personne – le plus important est de ne jamais oublier que l'essentiel de nos victoires sera acquis selon les efforts que nous faisons dans notre Service divin. Lorsqu'il s'agit de définir l'essentiel et le secondaire, nous ferions bien de ne jamais nous tromper.

Dédié à la guérison de Laurence fille de Myriam

David-Yits'haq Trauttman