« Quiconque fera partie du dénombrement depuis l'âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l'impôt de l'Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins...» (Exode 30:14-15)

Le dénombrement auquel la Tora fait référence était celui qui servit à déterminer le nombre d'hommes qui pouvaient joindre l'armée. Chaque personne – âgée de plus de vingt ans – devait donner une pièce d'un demi-shekel et le nombre de pièces permettait de connaître la puissance de la future force militaire du peuple juif.

Lorsqu'un pays est agressé, tous les hommes doivent participer à l'effort de guerre. Peu importe si les différences existent entre eux : ils doivent tous défendre leur pays. Qu'un soit riche et l'autre pas, qu'un soit intelligent et l'autre pas... au-delà des disparités tous doivent ne faire qu'un devant l'ennemi.

Notre propre guerre

Il existe une autre guerre qui ne fait jamais la une des journaux mais qui est pourtant quotidienne. C'est la guerre que nous menons à notre propre Yetser Hara' (le mauvais penchant). Celui-ci a été créé pour un seul objectif : renforcer notre volonté de le battre et parvenir à nous rapprocher d'Hachem.

Chaque fois qu'une pensée liée à une chose qui est contraire à la Volonté divine fait son chemin jusqu'à notre cerveau, nous devons savoir qu'en cet instant précis, nous sommes testé du Ciel. Si nous acceptons la lutte, nous renforçons dans notre volonté de bien faire et relevons la tête, nous possédons toutes les chances de remporter le test. Lorsque le moment de crise sera passé, cette victoire laissera en nous un goût merveilleux : celui de ressentir un amour encore plus grand à l'égard du Maître du monde.

Cependant, si nous refusons la lutte, acceptons d'avance l'idée de perdre face un ennemi que nous pensons – à tort – être plus grand que nous, nous aurons fait un nombre plus ou moins grand de pas en arrière sur notre chemin spirituel.

Trop souvent, nous tentons de relativiser nos forces et nos capacités à mener cette guerre. Trop souvent nous prêtons aux autres – Tsadiqim, grands rabbins, etc. – la possibilité de gagner la guerre : pour eux-mêmes ou pour nous-mêmes. La réalité est que dans cette guerre aussi, chacun d'entre nous peut et doit affronter l'ennemi. Plutôt que de se cacher derrière celui qui est plus riche que nous – en sagesse ou en connaissance – nous devons mettre notre peur de côté et « participer à l'effort de guerre »; de notre guerre.

La lutte est quotidienne et bien simples d'esprit sont ceux qui pensent qu'elle est facile à gagner. Pourtant, aucun obstacle n'est envoyé du ciel que nous ne pouvons franchir. Il nous revient donc de faire notre part de travail et de tenter réellement d'utiliser notre potentiel.

Le Créateur ne reprochera pas à un Ben Noa'h de ne pas avoir vécu comme un Juif. Il ne lui reprochera pas non plus de ne pas avoir illuminé le monde de la lumière de la Tora. Dans le premier cas, le Ben Noa'h essayerait de remplir un rôle qui n'est pas le sien, tandis que dans le second, il mettrait la charrue avant les boeufs.

Pourtant, D-ieu cherchera à savoir pour quelle raison Louise, Lucas, Jade, Louis, Emma, Jules... n'ont pas vécu la vie de Bnei Noa'h qu'ils devaient. Prier, vouloir se rapprocher d'Hachem, étudier la Tora et les lois qu'un Ben Noa'h doit respecter... tout cela est à portée de main de presque tout le monde.

Alors, on se relève les manches ?

Dédié à la guérison de Dany fille de Jocelyne

David-Yits'haq Trauttman