Les rabbins Josy Eisenberg et Michael Azoulay ont récemment commenté, dans une émission religieuse bien connue, le commandement de la Tora : « vous ne vous tailladerez point » qui met en garde contre des coutumes idolâtres.

Aucune atteinte à sa vie ou à son intégrité physique n’est ainsi permise pendant le deuil.

Or, s’il est légitime d’agir face aux persécutions, aucun deuil réel ou figuré ne devrait nous conduire à blesser un autre être humain.

Un corps et une âme
Chacun d’entre nous est responsable d’une âme et d’un corps créés par D-ieu, mais aussi de toutes Ses créatures quels que soient les failles et les ressentiments réciproques (imaginons ne serait-ce que la réaction d’un père si deux de ses fils s’éloignaient de lui en même temps !)

Nous sommes les uns et les autres sans cesse confrontés à des choix, eux-mêmes conduisant à des actes qui, à leur tour, seront interprétés...

Comment alors juger par nous-mêmes un péché commis par une personne dont nous ne connaissons ni les mérites futurs ou passés, ni les motivations réelles ?

La perte d’un statut social voire celle d’un être aimé ne sauraient justifier les drames familiaux ou professionnels – comme la participation à certains mouvements sans autre mesure ou objectif que l’acquisition d’un pouvoir – qui alimentent chaque jour la presse.

Dans le Likouté MoharanRabbi Na'hman insiste sur le fait que tout événement trouve sa source dans la volonté du Créateur et peut nous révéler ce qui sera le plus approprié à Son service.

De même, en « courant après nos propres fautes » tel le vrai fils du roi de Rabbi Na’hman de Breslev, nous faisons le mauvais choix : nous imaginons le mal à l’extérieur de nous-mêmes plutôt que d’entrevoir la possibilité de prier et de faire téchouva

Je me souviens de la phrase célèbre de l’auteur français de « Lettre à un otage »: « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.»

Ainsi, Juifs religieux et Bnei Noa’h ne se rejoignent-ils pas dans une fascination temporaire, mais dans un amour commun pour l’Eternel.

Or lorsque cet attachement parvient à un certain niveau, il en résulte aussi une compréhension plus grande de la justice et de la complexité de Sa création.

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Israël ben Sara.

M.P.