L'obligation de jeûner le jour de Yom Kipour est connue tous. Celle qui l'est moins est notre obligation de manger… la veille de Yom Kipour. À l'exception du jeûne de Tich'a beAv (le jour où nous commémorons la destruction du Temple de Jérusalem), les repas que nous prenons avant un jeûne possèdent un intérêt : celui de nous donner les forces suffisantes pour passer le jour de jeûne sans trop de difficultés. Le repas que nous prenons la veille de Yom Kipour est différent : il s'agit d'une obligation rabbinique.

Lier le matériel au spirituel
Pour servir D-ieu, certains se retirent dans des maisons cloîtrées. Loin du monde – et de ses obligations – ces personnes se consacrent au Créateur en menant une vie… qui n'est pas celle d'êtres humains. Si Hachem avait voulu que nous menions ce style de vie, le premier commandement qu'Il nous a donné n'aurait certainement pas été celui de la procréation ! Plutôt, le Maître du monde nous a créés comme êtres humains avec la volonté que nous menions la vie qui leur correspond. Cela ne semble pas difficile à comprendre, mais parce que certains l'ont oublié, leur vie en n'est pas une.

L'obligation de manger avant Yom Kipour doit nous apprendre une leçon importante. Chaque personne possède deux aspects essentiels : un aspect supérieur et un inférieur. Le premier est symbolisé par l'âme, tandis que le deuxième l'est par notre corps. À Yom Kipour, ce sont ces deux aspects que nous désirons lier et élever.

Manger – qui est un besoin physique – correspond à l'aspect inférieur. Manger en Sainteté signifie consommer des aliments autorisés (kachers) et d'une façon appropriée. Ce concept doit être l'objet d'une grande attention de notre part. Si nous désirons nous rapprocher d'Hachem en mangeant – car cela est possible – il nous faut manger comme de véritables personnes juives : en gardant le Ciel dans nos intentions.

Lorsque nous parvenons à cela, nous élevons spirituellement notre aspect inférieur pour l'offrir – en quelque sorte – en sacrifice au Maître du monde. C'est pour cela que le Talmud compare notre table à un autel : il s'agit du lieu où des offrandes sont régulièrement offertes à D-ieu.

En mangeant, nous offrons également la possibilité à notre corps de fonctionner selon sa capacité maximale. C'est le même corps que nous utilisons pour servir Hachem. À cette fin, nous devons être remplis d'énergie et mouvoir à notre aise dans les différentes situations dans lesquelles le Créateur prend plaisir à nous voir.

Voici notre tâche : lier le matériel au spirituel et élever l’ensemble vers le Ciel. Le monde matériel dans lequel nous vivons possède toutes les qualités pour nous éloigner du Divin. C’est notre volonté de vivre réellement en tant qu’êtres humains et de servir Hachem en même temps qui nous élève au statut de personne. Bien sûr, notre mauvais penchant nous fait fauter et le premier à le savoir c’est D-ieu Lui-même qui nous a créés avec celui-ci.

Cependant, si à chaque faute nous faisons appel au Créateur en pleurant sur notre faiblesse et en Lui déclarant notre amour et notre désir de nous rapprocher de Lui, nous jouons notre rôle à la perfection. Ainsi, le jour de Yom Kipour nous pleurons et nous demandons pardon pour nos fautes, mais nous avons également le cœur rempli de joie : celle de savoir qu’Hachem acceptera notre repentir sincère.

Dédié à la guérison de Brigitte bath Anita

David-Yits'haq Trauttman