Mercredi soir (12 octobre 2016), nous fêterons Yom Kipour (le jour du Grand Pardon). Ce n’est sans doute pas un hasard si ce jour succède au jour de Roch Hachana (le jour de l’an juif.)

Il est intéressant de noter que lors de Roch Hachana, nous ne faisons presqu’aucune mention de nos fautes et du pardon que nous pourrions demander à Hachem. Plutôt, le sujet essentiel des prières de Roch Hachana est de déclarer D-ieu comme étant notre Roi et qu’à ce titre, nous Lui dévouons notre vie entière. De fait, c’est seulement après avoir déclaré notre volonté de faire le Créateur notre Roi que nous pouvons Lui demander pardon.

Se donner un Roi
S’excuser n’est pas facile. Le plus souvent, nous évitons de le faire. Sommes-nous arrivés en retard à un rendez-vous ? “Le pneu de ma voiture a crevé” disons-nous pour nous excuser ; avons-nous oublié la date d’anniversaire de notre femme ? “Si tu savais la tension qui règne au bureau,” rétorquons-nous ; avons-nous perdu un objet ? “Quelqu’un me l’aura volé” pensons-nous. Etc.

Même si ces réactions ont une part de vérité, elles aboutissent cependant toutes à la même chose : nous dédouaner de notre responsabilité. Nous savons qu’un pneu crève à l’occasion ; prenons cela en considération lorsque nous calculons notre heure de départ.

Si nous avions rendez-vous pour recevoir 150 000 euros d’une personne généreuse, la tension qui règne au bureau aurait-elle des chances de nous faire oublier ce rendez-vous important ? Si nous avons perdu un objet, cela nous a-t-il réellement fait réaliser qu’il existait des voleurs ? Ne le savions-nous pas avant ?

Dans le domaine spirituel, nous agissons souvent de la même façon. Avons-nous oublié de prononcer une prière ? “Personne me l’a apprise !” Ne pensons-nous pas souvent à D-ieu ? “J’ai tellement de choses en tête !” Avons-nous perdu le souvenir de la véritable signification de vivre en tant que juif-ve ? “Je ne sais pas à qui m’adresser pour l'apprendre !“ Dans tous ces cas aussi, nous disons au Maître du monde que cela n’est pas de notre faute.

C’est pour commencer à rectifier cette situation que nous proclamons à Roch Hachana qu’Hachem est notre Roi. Après l’avoir oublié tant de jours pendant l’année, il est bien de nous le rappeler. La sonnerie du chofar nous a aidés à nous réveiller de notre torpeur spirituelle et nous nous présentons devant D-ieu le jour de Yom Kipour en sachant à qui nous nous adressons.

Un pardon essentiel

Parce que nous avons fait ce que nous avons fait, nous devons impérativement demander pardon. Cependant, ce n’est pas avec le cœur triste que nous devons formuler notre demande ; plutôt, c’est le cœur rempli d’espoir que nous nous tournons vers D-ieu. L’espoir est double : celui de savoir que notre prière sera acceptée et celui de vouloir définitivement changer notre façon d’agir.

Suite…

Dédié à la réussite matérielle de Jacques ben Sarah

David-Yits'haq Trauttman